Be Reborn – 重生之门

Le pourcentage de chance de tomber sur une autre perle tout de suite après « Under the skin » n’était pas très élevé, devrais-je aller cocher mes numéros de loto? Trèves de plaisanterie, passons aux choses sérieuses.

Du plus loin que remontent mes souvenirs d’enfance, une mini série de 3 épisodes a fait rêver la petite fille que j’étais, découvrant le monde des voleurs de haut niveau : « Si c’était demain », ah oui, oui, cela ne date pas d’hier, 1986 tout de même…. Je revois Tracey faussement accusée et devenant une sacrée voleuse accompagnée de Jeff Stevens (dont j’ai eu pendant longtemps le béguin), ah c’était un tout autre monde, une autre façon de conter les histoires.
Puis sont arrivées les 3 fameuses soeurs Kisugi! Oui, oui les soeurs Cat’s Eye qui ont bercé mon adolescence, indémodable. Manga, animé, OST, tout est encore dans ma mémoire.
Depuis, sans être ni une fan absolue ni une novice, de Hong Gil Dong en passant par « Ocean Eleven » et Arsène Lupin, j’en ai vu, entendu ou lu.

Ce fut donc avec une petite appréhension que je me lance dans le visionnage de « Be Reborn » après quelques critiques élogieuses glanées en diagonale. C’est déjà un exercice difficile que de pouvoir captiver l’auditoire mais encore plus difficile de garder cet intérêt du début à la fin.
« Be Reborn » fera donc partie désormais de ces dramas qui ont su nous harponner dès le synopsis, un drama qui, dieu merci, a su être d’une intelligence redoutable.
Mais pas seulement.
Un drama avec cette pincée d’humour qui bien souvent fera la différence à mes yeux.
Un drama mettant en scène un superbe duo, qui une fois n’est pas coutume, surenchérira à qui sera le plus malin, sans omettre la touche d’émotion nécessaire à la réussite d’une amitié hors norme.

Vous l’aurez compris, un drama qui selon moi réunit quasiment toute l’exigence du drama de l’année :

Le scénario : Un voleur. Pas vraiment. Wen Jie fait bien partie d’une famille très connue de voleur, de l’arrière grand-père jusqu’au père. Voulant rompre avec ce cercle, le jeune homme s’en est éloigné depuis la mort de ses parents, refusant tout contact avec le cercle des voleurs. Face à lui, un officier de police, Luo Jian, dont les principales enquêtes seront d’arrêter ces-dits voleurs. Le duo se formera naturellement avec pour chacun une raison différente d’enquêter sur ces vols, des raisons qui au final vont les rapprocher indéniablement.
Le scénario, simple de prime abord, va s’intensifier au fur et à mesure, entrainant le spectateur dans une course contre ces voleurs, avec bien sur un vrai « boss » de fin. Nous sommes dés le début happés par l’intrigue qui pianote sur un suspense où se mêle l’intelligence de nos protagonistes aux ruses des voleurs. C’est dynamique et les scènes de cambriolage pertinentes et intéressantes. Peu de fois où nous aurons l’envie de ronchonner face à la stupidité des actions que cela soit de la part des protagonistes ou des antagonistes. L’intérêt des ces vols se dévoilent petit à petit, comme un puzzle qui doucement se dessine. Rien n’est laissé au hasard et il m’est arrivé plus d’une fois de m’exclamer de stupeur ou de me creuser les méninges afin de comprendre la subtilité des situations. Je suis loin d’être versée dans cet art, mais j’oserai tout de même penser que l’expérience de la lecture ou de mes visionnages me permettent tout de même de pouvoir anticiper ou comprendre ce type de scénario.
L’intensité des épisodes est un savant mix d’actions et de dialogues épiques…Ce qui nous amène au gros gros gros point fort de ce drama.

Les personnages : Nous avions eu droit à un fantastique duo dans « Under the skin« , ici encore, pour notre plus grand bonheur un duo un peu unique dans son genre grâce à l’écriture mais aussi au jeu d’acteur.
Je vais commencer par un des rares officiers de ce genre dans l’univers du drama, Luo Jian !
Depuis  » Reset« , je cherche désespérément un autre Zhang Cheng, et dieu merci, je n’ai pas attendu bien longtemps. Luo Jian est LE policier par essence ; si tous les officiers de la police, réels ou pas, pouvaient n’avoir que 10% de son intelligence, de son humour, de sa perception de voir les choses, de sa sincérité…le monde irait tellement mieux. Un personnage qui brille non seulement par son observation et sa fine déduction, mais aussi par ses qualités humaines. Rarement grincheux, n’usant jamais de violence (vous savez, cette violence policière qui est si souvent perçu comme « normal » dans une série ou un film) que cela soit dans ses actes ou ses mots, Luo Jian est un personnage maniant habilement un humour subtil, une attitude posée et parfois ironique tranchant sur la finesse de ses observations. Son absence de rébellion pourrait surprendre, notamment lorsque Su Ying fait son apparition ; au lieu de le trouver obséquieux, je l’ai au contraire trouvé fort intelligent d’éviter la confrontation, ce qui lui permet de ne se concentrer que sur l’essentiel. C’est bien connu, les conflits peuvent très vite gâcher le quotidien et nous épuiser. Le scénariste, Dieu merci, nous offre donc un protagoniste inoubliable et excellent tant par ses qualités humaines que par ses compétences de policier.
Sa relation avec Wen Jie était un délicieux mélange de « super pote » mais avec un brin d’attitude paternel. Soucieux en permanence de la sécurité de Wen Jie, le capitaine Luo ne s’arrête pas pour autant à cela. Il va plus loin, tissant ainsi une amitié assez unique en son genre, faite de complicité et de respect, une amitié entre un quadragénaire et un jeune de 20 ans, un vrai délice. Cet écart d’âge donne lieu à des dialogues drôles et touchants, mais qui nous donne ce sentiment un peu étrange qu’ils sont pourtant sur le même pied d’égalité. Ce fut réellement un soulagement et un plaisir de le voir déclamer cette confiance presque aveugle en Wen Jie, une foi qui ne manquait pas de surprendre son entourage. C’est une qualité rare de nos jours, que de laisser le bénéfice du doute avant de juger une personne, et surtout de ne pas laisser la facilité des préjugés assombrir un jugement, je pense notamment au drama que je regarde actuellement « From now on, showtime! », lorsque Seul Ha apprenant l’identité de Cha Woong, je n’ai pu m’empêcher de soupirer « si cela avait le capitaine Luo, il n’aurait jamais rejeté la faute du grand-père, si faute il y a, sur le petit-fils… ». C’est ce qui rend ce personnage ultra adorable. Zhang Yi (张译) est un acteur chevronné qui a déjà son actif beaucoup de dramas dont « Reborn » et de film comme « The Eight Hundred » (un magnifique et émouvant film que je recommande chaudement). J’avoue, je ne connais pas très bien Zhang Yi, et pour une première rencontre avec cet acteur, ce fut un coup de foudre, confirmant que le talent supplante superbement ce physique d’Apollon que l’on retrouve trop souvent ces derniers temps. Jonglant avec nonchalance entre le sérieux et le comique, l’acteur a su nous faire rire avec trois fois rien et nous épater avec son jeu subtil. C’est un acteur que je me fais fort de suivre avec assiduité dorénavant.

Et son partenaire? Zhuang Wen Jie est un étudiant en droit et sa volonté de vouloir apprendre la vérité sur son père vont le pousser à se retrouve face à Luo Jian et aux criminels. Si dans les premiers épisodes, Wen Jie nous épate par ses pensées et actions astucieuses, nous découvrons petit à petit un personnage sensible, mature. Bien que souffrant de la perte de ses parents et du statut de son père, le personnage ne brûle ni de vengeance ou de rancune envers la société. Bien au contraire, choisissant une voie à l’opposé de son père, et sans jamais se dénaturer, Wen Jie devient un étudiant en droit avec la ferme intention de vivre une vie normale. Après sa rencontre avec Luo Jian, Wen Jie gagne en confiance, ses blessures et son sentiment de n’être que le fils d’un voleur disparaissant petit à petit. Ici aussi, le scénariste nous offre l’écriture d’un personnage doué d’une sacré intelligence et d’un raisonnement juste, quelque soit la situation. J’ai adoré les interactions entre Wen Jie et Luo Jian, qui sont pour ma part une paire incroyable d’enquêteur redoutable, et si je dois émettre un bémol, j’aurais aimé les voir interagir un peu plus!

Karry Wang (王俊凯) est un acteur que j’ai plutôt apprécié dans « Eagles and Youngster » mais sans m’avoir jusque là impressionné. C’est surtout à travers ses chansons que j’ai pu le découvrir, en tant que leader du groupe TFboys. Je pense que son jeu doit encore s’améliorer, surtout en face d’acteurs plus aguerris où l’on sent encore ses faiblesses. Mais pour être honnête, il est encore jeune, son potentiel est bien présent.

Je le dis souvent, et ce depuis « Joy Of Life« , la qualité d’un drama se voit aussi à travers l’importance de petits détails comme les rôles secondaires. Ici, vous ne serez pas déçu. Que cela soit l’officier Liao Shuang et ses traits d’humour bien placé , Su Ying dont je m’attendais à ne pas apprécier, un peu comme Lu Hai Zhou (Under the Skin), elle apporte pourtant une petite touche d’humanité supplémentaire à Luo Jian dû à leur passé et leur relation un peu alambiqué. Ou encore Lin Zhi Yue que nous voyons peu et qui nous apporte pourtant cette petite touche de romance adorable. Ou Les antagonistes à la hauteur ou presque de nos génies. Des antagonistes ni tout blanc, ni tout noir, mais avec un sens remarquable du détails qui leur ont permis de tenir la dragée haute à Luo Jian et Wen Jie. Certes, il nous a été relativement facile de deviner qui était le mastermind, mais cela ne nous a pas empêché de prendre beaucoup de plaisir, voire même d’essayer de comprendre les rouages du scénario.

En conclusion, ce drama est une perle absolue, à voir de toute urgence. Avec le pack « Reset« , « Under The Skin » et « Be Reborn« , vous serez réconcilié, si fâché vous l’êtes, avec des genres qui tendent à s’empâter un peu.

Under the skin – 猎罪图鉴

Il y a comme chaque année des dramas qui passent allègrement sous le radar, parfois sous nos yeux pourtant aguerris. La multitude des sorties mensuelles n’aide pas beaucoup. Et il faut avouer que le succès des K-dramas dessert un peu ceux qui viennent de la Chine continentale, du Japon ou de Taiwan. C’est encore un bel exemple d’excellence qui sera peu vu. Peu apprécié. Peu partagé. D’où ma plume ici.

« Under The Skin » a comme originalité de nous parler d’un artiste talentueux devenu portraitiste pour la police. Je n’ai pas souvenir d’avoir vu ce thème traité jusqu’à présent.
Et c’est aussi ce qui m’a attiré vers ce drama.
Et c’est aussi un des points forts de cette série.
Car ici, point de gribouillage brumeux tracé de loin par un acteur tenant maladroitement un fusain, essayant vainement de nous convaincre de sa soi-disante maitrise. Les portraits, les dessins, les peintures sont magnifiques et dégagent un réel talent, une densité qui plus d’une fois m’a ébahi. Les coups de crayon ont été filmé sous divers angles nous donnant le sentiment que Tan Jian Ci tient réellement le crayon (comprenez par là, dessinant lui même les sketchs). Les esquisses prennent alors vie sous nos yeux émerveillés.

Toute la subtilité de l’art est ici mise en valeur, comme un personnage principal qu’on aura mûrement donné forme. Presque amoureusement. D’une simple esquisse en passant par la sculpture, la peinture, le scénariste porte cet art au firmament, sublimant un simple visage en noir et blanc. Du grand art! Sans parler des explications de Shen Yi, ses analyses et observations fines mêlant techniques artistiques et psychologie humaine, je ne dirai qu’un mot. Merci. Merci de nous avoir offert ces dessins, peintures sublimes. Merci de ne pas avoir pris le spectateur pour un idiot.
Chéri qui n’a pas du tout la fibre artistique m’a suggéré à ma grande surprise « et si nous allions voir une galerie d’art? », c’est pour dire….

Mais il faut avouer que sans un excellent scénario, sans personnages charismatiques, le drama n’aura été une fois de plus qu’une simple série policière. Cela tombe bien, ce drama possède tout cela : scénario solide et duo addictif!

Je ne suis pas une grande fan de ces séries policières où les cas s’enchainent à chaque épisode (comme chez les états-uniens), voire tous les 2 épisodes, et résolus, brillamment ou pas, faisant avancer plus ou moins l’intrigue principale. Rappelez-vous de « The mentalist » ou « X-Files » (ah ma jeunesse….), séries US, qui bien qu’intéressantes avaient le défaut récurrent de nous faire miroiter une trame principale intense…
au début et à la fin de chaque (nombreuse) saison. Seulement.
Vous n’aurez pas du tout ce problème ici, ou dans les dramas asiatiques en général. Bien que le vilain de l’histoire n’apparaisse pas de suite, ou que l’affaire ne fasse son apparition qu’ici et là, les cas que traitent nos deux protagonistes ont déjà l’honorable but de tisser un lien entre nos deux personnages, de créer l’inviolable confiance qui conclura la trame principale, mais aussi nous déverser cet art si méconnu sous toutes les coutures. Ou presque, car la saison 2 devrait nous en dévoiler encore plus. Ah saison 2…mais n’anticipons pas.

Chaque cas, bien que peu original, ce qui serait dur à moins de tomber sur des criminels imaginatifs et innovants dans la matière, est pourtant intense et émotionnellement chargé. L’intérêt de ces cas réside dans le fait que rien n’est tout noir ou tout blanc. Ce n’est bien sur pas la première fois que nous voyons des crimes qui renferment une bien triste histoire, une vitrine mensongère. Je pense par exemple au délirant mais non moins excellent « Sometimes when we touch » qui avait le même principe, nous conter une histoire d’apparence classique mais avec une arrière scène bien souvent différente et (bien sûr) d’une tristesse indescriptible. Des émotions comme la compassion, la tristesse mais aussi la colère et la volonté de voir à tout prix (mais en vain) ces crimes impunis nous envahissent face à ces êtres humains qui n’avaient que pour seule échappatoire : le crime, bien souvent le meurtre. Ou devrais-je dire de se défendre? Ce n’est certes pas excusable. Du moins pas au yeux de la justice. Mais aux nôtres? En ce qui me concerne, j’assume.
Je trouve que ces coupables, au final un bien grand mot, ne sont que des humains luttant pour leur survie, sans être rarement entendu. Un geste de trop. Un geste qui les aura d’une certaine manière sauvé d’eux même.

Ce qui est intéressant est la place donnée à la morale derrière chaque histoire, un peu comme une fable, mais aussi cette interpellation qui nous interroge : Pouvons-nous juger la douleur des victimes? Pouvons nous criminaliser un acte de survie? Pouvons-nous punir des êtres au bord du précipice? Pas une seule fois, nos protagonistes ne se poseront en juge, ne faisant qu’après tout leur devoir d’avoir à trouver le coupable, mais à travers justement leur réserve à ce sujet et surtout leur écoute sincère, dévoilant au fur et à mesure des confessions, une nature humaine primitive et peut-être selon moi, nos instincts les plus naturels, bien avant d’être policé à l’extrême, une nature devenant ainsi dompté : un être civilisé.
Si je dois donc résumer ma réflexion : La société a été incapable de les protéger, ils se sont donc protégés. Peut-on toujours les considérer comme des criminels?

Un scénario intelligent, un thème intéressant et superbement réalisé. Que reste-t-il pour en faire un très très bon drama? Un duo de choc!

Loin, très loin du duo que nous conte régulièrement depuis des décennies les séries/films policiers, que cela soit au US ou ailleurs, « Under the skin » nous délivre un duo unique, rafraichissant et addictif.
Si une certaine animosité se fait sentir dès le début, Du Cheng ayant pris en grippe 7 ans auparavant Shen Yi, leur relation va se développer, inévitablement, vers un respect réciproque et une amitié solide. Alors écrit comme cela, on va me dire « heu, oui mais encore? ». La force de leur relation n’est pas le classique « je ne t’aime pas mais au final si », mais la façon dont les liens se tissent, et surtout l’attitude de Du Cheng et de Shen Yi. Ce dernier ne cherche pas la reconnaissance de Du Chen, mais à utiliser son art afin de faire avancer les choses.
Ses regrets et sa mauvaise conscience suite à son « erreur » de jeunesse le poursuivent depuis 7 ans mais n’en font pas autant un personnage blasé et mal dans peau psychologiquement. Bien au contraire, nous sentons bien de sa part parfois sa détresse mais aussi son désir de résoudre cet énigme, Shen Yi continuera de briller par ses sourires, sa pensée positive.
Le protagoniste ne se dédouane pas et fera toujours face à sa responsabilité en essayant notamment de s’en souvenir par tous les moyens, même les plus extrêmes. Son attitude calme, pondéré (à la limite de paisible), respectueux à tous les égards gagnera rapidement la confiance de Du Cheng.
Shen Yi, bien que talentueux, et ayant confiance en ses compétences ne cherchera nullement la gloire, se contentant de donner le meilleur de lui-même. J’ai aimé sa façon de penser, sa relation avec l’art et l’humilité dont il fait preuve.
En face, Du Cheng ! Un officier de police comme on les adore, tel l’officier Zhang Cheng de « Reset » ou plus récemment l’excellent capitaine Luo de « Re Beborn« , un officier de police loin de la brute colérique habituelle, du rebelle qui sort des clous procéduriers classique ou du pitre de service cachant bien son jeu. L’intelligence et la sensibilité de Du Cheng nous le font aimer presque de suite. Réticent dans les premières minutes du drama, et après quelques (petites) tentatives d’isoler Shen Yi, Du Cheng n’hésite pourtant pas à l’inclure très rapidement dans ses enquêtes. Jamais haut et fort proclamé, son attitude respire la confiance et le respect vis à vis de son partenaire. Les petites piques d’humour et de complicité de Shen Yi sont à eux seuls révélateurs de leur amitié hors norme. Ni trop, ni pas assez, juste ce qu’il faut pour être accro à ce duo unique. Il faut souligner aussi que l’intelligence dont font preuve les deux protagonistes rendent ces enquêtes non seulement intéressantes, mais nous évitent les écueils habituels et frustrants des enquêtes ridicule, trop simple ou illogique.

Si les personnages secondaires ne sont pas à la hauteur de ce duo, ils sont pourtant attachants permettant ainsi une dynamique dans l’histoire malgré leur courte apparition pour certains. Ils apportent cette petite touche simple d’humour, de tendresse ou de loyauté qui en font un drama plus léger malgré le tragique de certaines histoires.

C’est donc un drama de grande qualité dont il serait dommage de passer à côté. L’intelligence et la forte alchimie de nos protagonistes combinées à une très belle réalisation sur un thème méconnu en font une série dont on ne s’ennuie pas une seule seconde. On sourit, on applaudit, on retient parfois sa larme, souvent son cri scandalisé.
Une saison réussie et maitrisée, le drama nous laisse entrevoir une saison 2, et c’est tant mieux!

F4 Thailand : Boys over flowers – หัวใจรักสี่ดวงดาว

A peine les derniers secondes terminées, un sentiment de bonheur teinté de tristesse me fait bondir jusqu’à mon clavier. 

Vous partager ces émotions que ce drama a su étonnement faire vibrer en la blasée que je suis. 

Etonnant, mais c’est mon premier drama thaïlandais. La chance du débutant sûrement, pour une première fois, cela fut une réussite totale.  

Etonnant, j’ai vu presque toutes les versions de « Hana Yori Dango » en passant par le manga et possédant les OST des versions coréenne et chinoise. Inutile de vous préciser que je suis donc une fan de cette histoire, et ma préférence allait jusqu’à aujourd’hui vers la version coréenne (un de mes premiers drama). 

Etonnant donc d’avoir pu rire. Sourire bêtement. Alors que je connaissais par coeur cette histoire.

Moralité, peu importe le nombre de cliché.

Peu importe de savoir réciter les scènes en choeur.

Quand c’est bien fait.

Quand c’est bien joué…

… Oui, j’ai adoré cette version.

Oui, ce fut un tel coup de coeur que je n’ai pu attendre pour venir en parler.

Oui, c’est désormais ma version préférée… (mais je t’aime toujours Lee Min Ho). 

1 : La réalisation !
Magnifique ! J’ai été totalement bluffée par la qualité de la réalisation, digne d’un drama coréen. Soignée et fluide, les scènes s’enchainent, avec un sans faute, à un rythme soutenu et sans temps mort. La façon de créer le suspense et l’angoisse lors des premières scènes de harcèlement est gérée d’une main de maître ! Nous ressentons lors du premier épisode (et les autres scènes de Gorya au prise avec cette carte rouge) la tension des scènes d’une façon viscérale, retenant le souffle durant la course poursuite. Les scènes de violences sont percutantes et d’un réalisme qui font froid dans le dos. Sincèrement si je ne connaissais pas l’histoire, j’aurais eu du mal à croire que Thyme puisse changer… 

La photographie est magnifique, mettant en valeur les paysages thaïlandais, les personnages, les voitures.  Le jeu des lumières et des contrastes accentue la romance comme le côté dramatique.

Sincèrement, chapeau bas pour cette réalisation parfaite. L’OST n’est certes pas aussi joli et entêtant que celle de « Boys over flower » (le drama reprend d’ailleurs le thème principal du drama) ou de « Meteor Garden« , mais elle est pertinente et intensifie les moments tragiques comme les moments drôles et émotionnels. J’ai aimé aussi les petits bruitages qui soulignent les moments absurdes ou drôles, bien que d’habitude cela me fasse grincer des dents, ici l’utilisation de ces bruitages n’est pas en redondance et intervient souvent au bon moment.

Petite mention pour les costumes de Thyme, qui reflètent bien sa personnalité, des couleurs flirtant avec le drôle et le bling bling renforçant le côté loufoque (et choupinet) du personnage. 

2 : L’histoire !
Nous la connaissons tous par coeur, nous savons exactement ce qui va se passer, il n’y a alors pas d’effet de surprise… et pourtant ! 

Le drama a été dépoussiéré magistralement. J’ai pris un plaisir fou à suivre les aventures des F4 et de nos deux héroïnes. Le réalisateur a su donner une sacrée touche de modernité notamment en donnant vie aux personnages autrement que dans les anciennes versions. 
Résultat, une histoire aux milles clichés qui sonnent en nous comme une belle leçon de vie.  

L’introduction du drama dans le premier épisode symbolise cette leçon de vie, un mélange de poésie et de philosophie. Les pensées de Gorya apportent cette touche de « recul philosophique », donnant ainsi une dimension nouvelle aux sentiments de nos protagonistes. 

Si bien sûr, nous retrouvons l’archétype classique du héros riche, enfant pourri et insupportable faisant face à une héroïne pauvre et se battant pour s’en sortir, le traitement de leur histoire rend leur romance émouvante mais aussi, grandiose. Rapidement, le spectateur que nous sommes ressentons de l’effroi et de l’émotion en passant par une bonne dose d’humeur contagieuse.

Le drama touche à des thèmes sensibles comme le harcèlement et la violence à l’école. A travers ces violences, plusieurs remises en question se posent à travers le regard complice de Gorya ou la soumission passive des membres des F4 dans les premiers épisodes. C’est aussi un regard acéré sur les préjugés des riches versus pauvres qui ont été lentement détricoté afin de nous faire comprendre que peu importe le statut, l’être humain n’agit pas en fonction de sa propre situation mais plutôt de la situation de la personne que nous avons en face de nous. Ce sont des sentiments qui explosent face à une crise et qui transforment les humains en monstre, non pas par ce que c’est écrit. Non pas par ce que nous le voulons.
Mais par ce que nous avons mal.
Par ce que la seule réponse que notre corps, notre cerveau apportent à cette souffrance est de faire du mal en retour.
Est-ce justifiable? non.
Est-ce normal? oui.
Peut-on encore changer? oui.
Peut-on encore se faire pardonner? oui.
C’est aussi la magie de ce drama. Le regard qui dévoile petit à petit pour finir par chercher la rédemption. Je n’ai pas souvenir que les autres versions aient donné une place aussi importante à tout cela, et c’est donc avec un regard nouveau que j’ai découvert la version thaïlandaise. 

3 : Les personnages.
Je n’ai jamais été fan des F4 (ce qui est contradictoire puisque j’ai toujours aimé l’histoire…).
Mais ici, le drama donne une lumière nouvelle sur Ren et Kavin, ou même le discret MJ. Si dans les précédentes versions les sentiments qui s’en dégageaient oscillaient entre désintéressement et agacement, dans cette version, j’ai adoré les voir interagir entre eux, en demandant toujours toujours plus.

Ren nous apparait donc plus souriant et bien moins indifférent. Son affection envers Gorya est d’une telle sincérité que j’ai même eu cette pensée, plus d’une fois, qu’il irait bien avec elle. Ses traits d’humour et ses petites répliques qui faisaient souvent mouche nous l’ont rendu plus accessible et moins « prince charmant que l’on regarde de loin ». Son amitié avec Gorya m’a beaucoup touché, la progression naturelle de leur relation y est surement pour beaucoup. L’amitié entre lui et les autres membres des F4, et plus spécialement Thyme, est ponctué d’humour reflétant une loyauté solide.

Kavin est le coup de coeur de ma fille. Je n’irai pas le lui reprocher (bien que je sois Team Thyme). Si dans les précédentes versions, il était de loin celui qui m’agaçait le plus, j’ai été sincèrement touché par son personnage ici. Restant toujours le même Don Juan, il est aussi sensiblement bien plus humain, plus accessible. Ses interactions avec Kaning étaient adorables et leur amitié qui se laissait peu à peu glisser vers autre chose de plus profond d’autant plus rafraîchissante que leur complicité explosait à chaque rencontre. Sincèrement, je regrette pour une fois que la romance secondaire soit si peu visible….

Nous savons que MJ n’est pas le personnage sur qui l’attention se porte, et je le regrette. C’est un personnage attachant et dont l’amitié envers ses amis n’est plus à prouver. Il est le personnage tampon nécessaire, ne prenant parti pour personne et essayant tant bien que mal d’apporter la balance lorsque ses amis entrent inévitablement en conflit. Et puis il est team Gorya, et il ne s’en cachera pas, un personnage des plus adorables!
On meurt d’en savoir un peu plus et c’est bien dommage que MJ n’ait pas une place plus importante. Bien que les petits bonus de fin nous donnent une petite vision de la vie privée de MJ, j’aurai aimé que ce personnage ait plus de présence à l’écran….

Et du côté des autres personnages? J’ai beaucoup aimé Kaning
(alors que je ne l’aimais pas beaucoup dans les autres versions), personnage féminin calme et posée à l’opposé de son amie Gorya, loyale dont la sincérité indéfectible envers son amie, les F4 et surtout Kavin m’ont fait oublier les autres versions, m’ont fait oublier que je l’avais toujours trouvé fade et ennuyante, m’ont fait espérer de toutes mes forces la voir franchement réunie avec Kavin. Sacrebleu, je peux compter sur les doigts d’une main le nombre de fois où j’ai attendu le bisous concrétisant une romance follement attendu du couple secondaire!

Je ne pourrais tous les citer, mais les personnages secondaires ont été travaillés minutieusement et ont apporté un vrai gros plus à ce drama, un angle différent comme la mère de Thym, une touche d’émotion et d’humour comme les parents et le frère de Gorya, ou comme Gawao le propriétaire de la boutique de fleurs, ou bien encore Thalay et son histoire à fendre le coeur, les 3 pestes plus humaines qu’on ne le pense, la beauté à couper le souffle de Mira, Hana et sa folie émouvante et finalement la lutine et touchante Lita

Finalement…

4 : Sûrement la plus importante de toutes : Gorya et Thyme….
La romance de nos deux tourtereaux a été un enchantement à chaque minute! La complicité entre ces deux là a été époustouflante, nous faisant zigzaguer du rire au larme en passant par le battement désordonné du coeur. J’ai toujours trouvé que Shan Cai (version chinoise) et Jan Di (version coréenne) avaient été parfois ennuyantes avec leurs principes extrêmes, où l’impression de rejeter Thym provenait plus souvent de leur différence de statut. L’attitude de Gorya est ici bien différent. Pas dans le fond, mais dans la gesture et l’expression de son visage. Bien que parfois agacée par Thyme, on pouvait lire souvent de la tendresse dans son regard, dans son micro sourire….et cela change tout. Gorya ici n’a jamais reproché à Thyme son environnement et sa richesse, préférant le houspiller comme lorsqu’il lui achète un nouveau téléphone ou un nouveau scooter. Bien sûr, elle passera par le stade un peu obligé du « je ne suis pas assez bien pour toi, mais elle (la rivale) oui ». Contrairement aux autres versions, la souffrance de Gorya, ses angoisses proviennent bien du désir profond de vouloir rester avec Thyme, de ne pas vouloir lui porter préjudice, de le protéger. J’en ai eu les larmes aux yeux lorsque Ren lui assène tout simplement face à son refus de le reconnaître « Tu ne peux pas m’accepter car Thyme est ta maison » dans l’avant dernier épisode, cela résume vraiment ce que représente Thyme. Il est sa maison, son monde, son tout. Nous le ressentons vraiment. Elle n’a jamais refusé que Thyme soit riche et gâté. Dans cette version, Gorya accepte tous les côtés de Thyme et son amour pour lui est d’une simplicité désarmante. Il faut avouer aussi que le caractère de Gorya a beaucoup apporté dans leur relation. Forte et déterminée, elle a une sacrée répartie et ses chamailleries avec Thyme sont ultra adorables. Si j’ai horreur des couples qui se battent sans cesse et ayant des disputes tous les deux épisodes, ici, ce fut le contraire. Que de passion durant leur échange, que de douleur durant leur dispute, rendant les moments d’intimité et de complicité encore plus grands, encore plus émouvants, encore plus drôles. Mais si Gorya a été une héroïne émouvante et attachante de par sa force de caractère, j’ai été encore plus touchée par Thyme…tout comme Gorya, j’en suis tombée amoureuse.

La violence de Thyme cache cette souffrance qui ne demandait qu’à être découverte, à être pansé. Nous découvrons peu à peu la solitude derrière les caprices de Thyme, son désir d’être simplement aimé pour ce qu’il est, son envie d’une famille simple, unie et chaleureuse. Les scènes où il demande humblement le pardon de ses actes envers ses victimes m’ont remué. L’acceptation de ses erreurs et la responsabilité qu’il voulait endosser ont rendu Thyme bien plus humain que ses victimes. Détrompez-vous, je ne cautionne pas ses actes, ni ne me désintéresse des victimes. Seulement, Thyme nous prouve ici que ce qui découle de sa douleur et de sa frustration n’est autre que les actions de ce qui l’entoure. Thalay nous le démontre magistralement aussi, car il est le reflet de ce qu’était Thyme avant sa rencontre avec Gorya. Il était intéressant de voir ce parallèle, ce décalage entre l’ancien Thyme et le nouveau Thyme. Le personnage cristallise ainsi toutes les émotions autour de lui. La haine. Le mépris. La peur. Mais aussi. L’amour. L’amitié. La tendresse. 

Le personnage de Thyme ne m’a pas eu seule fois fait ressentir la désagréable impression d’un homme immature dont les actions seraient toutes plus infantiles les unes que les autres. J’ai encore en mémoire certains protagonistes d’une lourdeur insupportable, et j’avoue Dao Ming Si (version chinoise) se rapprochait de ce type de personnage…

Les actions de Thyme d’un premier abord « immatures » étaient sincèrement touchantes et drôles, désamorçant le sentiment ennuyant du type qui courre inlassablement après la nana comme un pot de colle. Au contraire, ses tentatives de séduction teintées d’arrogances prêtaient à sourire pour au final faire battre mon petit coeur. Le meilleur Domyoji selon moi! 

Sa relation avec Gorya est d’un naturel époustouflant. La complicité spontanée des deux protagonistes est dévoilée à chacune de leurs interactions. C’était tellement visible que personne n’a pu s’y tromper. Que cela soit durant leur sempiternelle chamaillerie ou dialogue, cela pétille sans arrêt et nous sommes tour à tour attendri et amusé. Voir Gorya gronder Thyme toutes les deux minutes pour la voir ensuite rougir face à un Thyme taquin ou la voir désabusée par les fautes, écrites ou le parlé, de Thyme rendaient les moments de nos tourtereaux encore plus additives.

Si je devais élire réellement le couple le plus adorable de l’année 2022, mon coeur oscillerais entre Thyme/Gorya et Lin Bei Xing/Zhang Wan Sen (Shining for one thing)….

Inutile de le dire, mais l’amitié entre Gorya et Kaning ou les F4 fut un enchantement. J’ai senti tous ces petits détails qui rendent leur relation d’autant plus forte. Ces moments de solidarité et ces moments de complicité nous sont démontrés tout au long des épisodes avec force. Cela m’a fait presque de la peine de devoir les quitter, c’est un peu quitter des amis à la fin des vacances…

Ma dernière pensée? Le jeu des acteurs qui m’a totalement bluffé. Je ne connais bien sur personne ici mais avec ce drama, la barre a été placé très haute. Tu Tontawan Tantivejakul est une actrice qui m’a séduite dès les premières secondes. J’ai adoré voir une actrice qui sans être « belle » a su dégager une séduction incroyable. Son jeu fut extrêmement touchant, son interprétation de Gorya d’une justesse parfaite !

Quant à Bright Vachirawit Chivaaree….je dirais : Sacrément beau gosse au sourire à renverser les foules, un jeu parfait que cela soit dans le comique ou le dramatique…. ce petit prodige est entré directement dans mon top 10 (je ne peux plus réduire mon top, il y a foule maintenant haha) et c’est avec impatience que j’attend son prochain rôle. 

Un drama qui mêle habilement une romance intense et attachante à un humour finement dosé, une très belle amitié, ne donnant jamais l’impression de faire passer les protagonistes pour des pitres en puissance, des protagonistes intelligemment écrits et attrayants, orchestré d’une main de maitre par un réalisateur qui a su donner une dynamique certaine soutenu par une bande son agréable. Et cerise sur le gâteau, une jolie philosophie de la vie….

Ce fut donc une sacré bonne surprise. Une surprise dont je ne me lasserai jamais!

Et comme je suis tombée sous le charme de Bright Vachirawit Chivaaree, je vais finir avec des photos de mon nouveau chouchou…et puis les images d’une des scènes les plus hilarantes du drama….

Reset – 开端

L’année 2022 se poursuit avec un drama chinois époustouflant dont il serait vraiment vraiment vraiment dommage de passer à côté!!!! Sous-titré en français sur Viki, vous n’aurez plus de raison et d’excuse valable si vous passez à côté de cette perle! Je vous conseille vivement de prévoir de le visionner en une seule fois , un peu comme un long métrage…

Afin d’éviter tout spoil malvenu, je n’écrirai que peu sur l’histoire. Ce dont vous avez juste besoin de savoir tient en une seule et unique phrase : Li Shi Qing et Xiao He Yun se retrouvent piégés à l’intérieure d’une boucle temporelle les obligeant à revivre l’explosion d’un bus. Comme écrit plus haut, j’éviterai d’en dire plus, chaque mot pouvant vous donner des indices sur le déroulé du scénario, ce qui serait vraiment dommage.

Dès les premières images, nous sommes propulsés directement au coeur de l’action. Un drama d’action avec peu de temps mort?
Que nenni. Un drama incroyablement géré d’une main de maître alternant une action haletante à des scènes émouvantes en passant par une narration subtile impliquant presque tous les personnages du drama. Il n’y a pas de temps mort. Pas de passage ennuyant. Pas de flottement hasardeux.
Le talent de la scénariste est de nous avoir impliqué, et ce dès le début, dans cette angoisse, cette tension qui ne nous lâcheront pas jusqu’au dernier épisode. Un marathon époustouflant.

Il faut savoir que le drama est un roman de Qi Dao Jun (祈祷君) intitulé « Kai Duan » (开端). Qi Dao Jun a d’ailleurs contribué au script, aidée en cela par Lao Sun, Qiu Yujie et Huang Kaiwen. L’auteur a travaillé minutieusement, jour après jour sur le scénario, prêtant une attention absolue à tous les détails visant à mener un presque sans faute au scénario. Le tournage a été deux fois plus long que ce qu’on voit habituellement pour un drama, 62 jours pour 15 épisodes, ce qui est ici un gage de qualité. Le réalisateur, loin d’être un novice, n’est autre que celui en charge de la photographie de « Nirvana in Fire« . L’équipe de production a notamment été au commande de hit comme « Nirvana in Fire » ou « Battle of Changsha« . Le producteur, Hou Hong Liang, n’est autre que celui qui a produit « Nirvana in Fire » mais aussi « Love me if you dare » ou « Battle of Changsa ». Autrement dit, avec une telle équipe, peu de chance de voir un truc pourri…
Peu d’épisode, un format inhabituel qui aura accumulé depuis sa diffusion 2,1 milliards de vue sur la plateforme Tencent, rien qu’en Asie, faisant de « Reset » le drama ayant eu le plus d’audience pour l’année 2022, du moins en ce début d’année.
A titre de comparaison, « Squid Game’s » sur Netflix a totalisé 1,6 milliards de vue dans 90 pays…

Oui, me direz-vous, le nombre de vue n’est pas une garantie de qualité n’est ce pas. « Reset » est quant à lui un drama affublé d’un scénario complexe et de personnages charismatiques et attachants, faisant de lui indiscutablement, à mes yeux, d’un « must to watch ».

Contrairement au livre, les personnages ont une importance qui non seulement font avancer l’histoire mais donne cette raison aux protagonistes de vouloir retourner dans cette boucle afin de les sauver d’une mort certaine. Loin d’être juste une décoration à l’ensemble du scénario, les personnages secondaires nous touchent de par leur passé et de leur trait de caractères tels que la dame aux médicaments ou l’homme aux écouteurs. Peu présentés et silencieux, comme l’homme aux écouteurs, ils participent activement le moment venu, à la montée d’adrénaline qui nous parlent. L’émotion nous bouleverse lorsque s’en vient à l’écran l’homme aux pastèque, l’homme à la valise, le chauffeur du bus, le streameur, la dame au faitout ou bien encore l’homme aux chats…..des personnages d’une telle simplicité mais avec un passé qui trouve étrangement écho en nous. Le spectateur est impliqué violemment dans ce sauvetage et nous nous surprenons à plusieurs reprise à retenir notre souffle, priant de toute nos forces que le bus n’explose pas pour la énième fois.

La force de ce drama tient aussi dans la qualité de l’écriture des protagonistes. Li Shi Qing et Xiao He Yun n’ont rien d’exceptionnels. Ni force martial, ni intelligence hors norme, ni statut, ni richesse. Des personnes comme vous ou moi. Une étudiante et un concepteur de jeux vidéos. Ainsi, si leur passé ne nous est pas détaillé, si leur famille semble inexistante, c’est pour nous souligner la simplicité, voire la banalité de leur vie. C’est donc face cette situation d’urgence et de danger que Shi Qing et He Yun vont démontrer à travers leur action et leur parole de leur extraordinaire sens de l’humanité. La sensibilité et la force de caractère de Shi Qing complète à la perfection au raisonnement logique de He Yun. Leur lien a le temps de se développer malgré tout, par petite touche subtile et naturelle. La conclusion de leur relation n’en était que plus satisfaisante.

Mais le protagoniste qui nous aura le plus bluffé est sans conteste l’inspecteur Zhang Cheng ! Interprété avec un talent fou par Liu Yi Jun, la dimension rationnelle et humaine est aussi apportée par ce personnage. Son intelligence aiguë et son sens incroyable de l’observation, tenant ici pourtant d’un niveau élevé, n’est rien comparé à son humanité époustouflante et à la sagesse de ses mots. Si tous les officiers de police pouvait n’avoir qu’un centième de son esprit, le monde irait tellement mieux.
Liu Yi Jun est un acteur chevronné qu’on a pu voir dans « Nirvana in Fire » ou « Legend of Fu Yao » par exemple.

Bai Jing Ting, que nous avons récemment vu dans « Ping Pong Life » ou « You are my Hero » est un acteur qui progresse sûrement depuis 2014 et son rôle ici confirme son jeu talentueux. J’ai apprécié la logique de He Yun et le cheminement de son analyse. De premier abord mitigé et pris entre sa conscience et sa volonté de survivre, le personnage évolue irrémédiablement et permet ainsi un contrepoids à la sensibilité exacerbé et naïveté de Shi Qin, nous délivrant de fait un magnifique duo d’amitié et de romance naturelle et solide.
Zhao Jin Mai, adorable dans « A little thing called first love« , est loin d’être une débutante, ayant déjà à son actif de nombreux drama, et nous démontre aussi toute la subtilité de son personnage, ses réflexions humaines et au final sa volonté de vouloir sauver avant d’être sauvée.

L’équilibre entre le scénario de l’explosion ainsi que la narration des événements permettent de suivre sans temps mort le drama. Le suspense est distillé de façon intelligente et est maintenu jusqu’à la vérité. Je ne suis pas une experte dans ce domaine, mais j’ose écrire que l’enchaînement logique a été exploitée de manière ingénieuse, nous obligeant à passer d’épisode en épisode, non seulement afin de savoir qui est le coupable. Mais aussi et surtout, car nous étions impliqués émotionnellement.

Un des meilleurs « thriller émotionnel » que j’ai pu voir, que cela US ou coréen ou whatever! A NE PAS LOUPER ! sous aucun prétexte !!

Shining for One Thing – 一闪一闪亮星星

Après la déception de « Someday or One day« , romance et time travel ne faisaient pas partie de mes envies du moment. Ayant commencé « Reset » avec ado n°2 et mon chéri et « Jirisan » avec ado n°1 et chéri, un drama simple et frais aurait été le bienvenu lorsque la solitude s’en vient. L’image me plaisait, et ô cliché suprême, l’acteur principal avait une belle prestance sur l’illustration.
Ni une ni deux, je lance le premier épisode. Drama fini en 2 soirs.
Hum….un début classique. 2020, une trentenaire fiancée à son amoureux de lycée se retrouve soudainement rejetée, lamentablement, par dudit fiancé. S’apitoyant sur son sort malencontreux, la délaissée retrouve son ancien téléphone, obsolète mais fonctionnel. Un téléphone qui par magie la transporte en 2010, soit 10 ans en arrière lorsqu’elle était encore lycéenne en dernière année.
Rien de nouveau….Lin Bei Xin, après un petit temps d’adaptation, comprend que sa venue dans ce passé est étrangement lié à la mort d’un lycéen, Zhang Wan Sen, durant le 高考 (gāokǎo), la période d’examen des lycéens conditionnant l’entrée universitaire. Toujours classique me direz-vous. Car bien sur, ici nous comprenons rapidement que Lin Bei Xin doit tout simplement empêcher Wan Sen de mourir. .
Les deux premiers épisodes avaient un petit air familier…..Bei Xin se retrouvant soudainement projeté en 2010 à chaque action de sa part, un petit clic nous indique qu’elle change d’époque. Se décidant à protéger Wan Sen, Bei Xin le poursuit assidûment, calquant minutieusement ses pas aux siens au grand étonnement de son entourage dont….le futur ex-fiancé se faisant joyeusement rembarrer par celle qui hier encore l’idolâtrait. Oui, un petit air d « Extraordinary You« . Juste un tout petit air. Mais très agréable (Haru me manque!)

Le scénario est rempli de cliché : Un premier de la classe maladroit et réservé, une héroïne sans peur et avec une extraordinaire joie de vivre, un personnage en conflit permanent avec son père qui plus est directeur d’école, un voyou au grand coeur, un futur ex-fiancé qui finit par réellement tomber amoureux de sa future ex-fiancée….oui tout est cliché. Mais le traitement de l’histoire, des personnages est tellement bien fait, tellement joli que j’en suis tombée raide amoureuse. Les atouts de ce drama sont à mes yeux indéniables : des personnages attachants, une jolie romance, une réalisation avec un budget limité qui s’en sort plus qu’honorablement, une OST apportant une douceur apaisante…. Encore une belle réussite pour l’auteur de « A love so beautiful », les fans apprécieront sûrement ce nouveau drama.

Le scénario est plutôt simple. Bei Xi doit sauver Wan Shen. La mort du jeune homme est classée comme un suicide au lendemain des examens. Déterminée à le sauver, Bei Xi fera plusieurs aller-retour entre 2020 et 2010 avant de comprendre ce qui se cache réellement derrière la mort de Wen Shen. Le voyage dans le temps est ici simple à comprendre, ce qui est intelligent de la part du scénariste. Cette simplicité, loin de desservir le drama, donne une très grande fluidité à l’histoire. Je n’ai pas eu besoin de faire travailler mes neurones et je n’ai eu qu’à me laisser emporter par le flux. De plus, la logique de ce voyage dans le temps, pour une personne comme moi qui a souvent beaucoup de problème à comprendre et donc à y adhérer, est imparable. Il y a une raison à ce voyage dans le temps, une façon de s’y rendre et une façon d’y revenir. Il y a peu de place à l’ambiguïté et c’est appréciable.
Les interactions de Bei Xi à chaque voyage avec les personnages nous apportaient toujours un peu plus d’indices et il était génial de la voir, avec ses souvenirs intacts, interagir à chaque fois avec les personnages, passé ou présent, qui eux n’en gardaient aucun.

Protéger avant tout Wen Shen. C’est ainsi que tout commence pour Bei Xi. Un voyage qui ne la laissera pas indemne. Ce qui commence donc comme une simple histoire se révèle au final un peu plus complexe. On apprécie la logique et la mise en place du puzzle de l’histoire. Tout prend son sens au fur et à mesure que l’intrigue se développe jusqu’à la finalité. Les raisons de ce tout deviennent une évidence à la fin.
J’ai adoré. J’ai été impliqué émotionnellement dès le départ et je n’avais qu’une seule envie. En savoir plus à chaque épisode. Que Wen Shen survive!!!

La relation entre nos deux protagonistes progresse rapidement, d’autant plus qu’on en apprend un peu plus à chaque fois que Bei Xi voyage dans le temps. Chaque face à face, chaque interaction entre Bei Xi et Wen Shen étaient adorables et rempli d’émotion qui faisait battre un peu trop vite mon petit coeur. Leur alchimie était parfaite. Le naturel et la simplicité de leur relation était d’une pureté apaisante. Le couple nous est présenté dès lors comme une destinée. Leur amour a cette force et intensité qui traverse le temps. Qui défie la fatalité! C’est la beauté de leur amour. Prêt à se sacrifier sans aucun remord, sans aucune peur. Sans rien en échange, si ce n’est le bonheur de l’être aimé heureux. Même si cela implique offrir sa propre vie. Cela parait niais, mais mon coeur ne s’y pas trompé.
Censure oblige, ne vous attendez pas à de fougueuses étreintes ou de baiser langoureux. Que nenni, et pourtant, aish, la chasteté de leur étreinte et leur « presque » baiser m’auront plus d’une fois mise en émoi. Ce drama aura su jouer sur mes nerfs, j’aurai voulu pour une fois un bisous! un câlin! Du concret quoi!

Bei Xi est l’archétype de l’héroïne pleine de vie et de bonne volonté. Sa bonne humeur est communicative et sa façon de poursuivre Wen Shen sans relâche adorable. Sa force de caractère est appréciable et sa bravoure d’autant plus touchante que l’on sait qu’elle reste fragile physiquement.
Loin d’être frustrante, voire lourde, Bei Xi joue la carte de la franchise dès le départ envers Wen Shen, ce qui a l’avantage d’éviter les malentendus. Je me suis surprise à sourire bon nombre de fois lors des pitreries de Bei Xi. Je ne dirai pas que j’ai été impressionnée par ce personnage ou bluffée par l’actrice, mais je pense qu’elle s’en sort très bien.

Wen Shen….Ahhhh j’ai une faiblesse pour ce type de personnage!! Non seulement il est joli garçon ( cela est subjectif), mais en plus, il a un sourire à soulever des montagnes et un regard d’amoureux transi à faire pleurer dans les chaumières! Sa maladresse et réserve du début évoluent lentement et c’est avec émerveillement que je découvre un protagoniste d’une force et d’un courage hors-norme. Ses sentiments envers Bei Xi sont ceux d’un chevalier!!!! Le symbole du parapluie qui revient souvent dans le drama est d’ailleurs très parlant…
Wen Shen donnant ce tout, ce lui entier pour Bei Xi, sans compter, jusqu’au dernier épisode. Cela m’a remuée toute entière. Sincèrement, comment ne peut-on aimer un personnage qui ne demande rien si ce n’est de voir la personne aimée vivre sa vie dans la parfaite insouciance? Pas moi en tout cas.

La bromance Wen Shen/Maizi est de celle qui donne ce petit souffle magique au drama. Maizi, bagarreur et « violent », a été un sacré coup de coeur. Son amitié avec Wen Shen est une des réussites de ce drama. J’ai adoré les voir ensemble. Une relation faite de respect où aucun des deux ne jugent le statut et le choix de l’autre. Cette loyauté sans faille de Mazi envers Shen Wen était magnifique…
Si je devais faire un reproche, c’est le peu de temps à l’écran consacré à leur amitié et surtout, le rôle de Maizi dans la dernière partie du drama. J’aurais tellement le voir un peu plus et surtout savoir ce qu’il devient. Nous avons un aperçu pour tous les autres, sauf lui…

Un petit mot sur le futur ex-fiancé, Zhan Yu…. Je pensais que j’allais applaudir à chaque fois que Bei Xi le rejetterai encore et encore. Après tout, nous n’allons pas nous mentir, il l’a bien mérité. Imbu de lui même et d’une arrogance insupportable, Zhan Yu apparait comme le parfait rival amoureux que l’on aime détester, incapable d’accepter que l’on puisse l’ignorer au profit d’un rat des bibliothèques. Et nan! Les clichés ont la vie dure hahaha. Zhan Yu évolue et c’est avec étonnement que l’on ressent une énorme peine à son chagrin d’amour. La sincérité qu’il nous montre et les efforts incroyables qu’il déploie m’ont beaucoup touché. C’est plutôt rare, mais j’aurai presque aimé qu’il réussisse….

La réalisation du drama est plus que correcte. Les couleurs sont chaudes et certaines scènes sont vraiment très belles. J’ai adoré la scène, classique, où Wen Shen rattrape Bei Xi, une scène exploitée un million de fois mais qui fait mouche encore et encore, quand le ralenti et la prise vue rendent cette scène sensuelle et magique. Ou encore le « presque » baiser : Un des personnages dort et se réveille, le visage de l’être aimé quasi collé au sien. Oui, oui un autre cliché. Et pourtant, la beauté de la mise en scène, la position des personnages et l’angle de la prise de vue ont rendu ce moment très sensuel et j’aurais presque crié de frustration si je n’avais eu peur de réveiller la maison à 4 heure du matin.
Le bémol est, pour ne pas changer, le bruitage et le doublage….Il ya eu pire me direz-vous. C’est un peu dommage car parfois le décalage du son avec le mouvement des lèvres était parfois un peu agaçant. Heureusement que cela finit par se faire un peu oublier.

L’OST est joli et apaisant. Sans trop en faire, les BGM et chansons insufflaient l’ambiance nécessaire.

La fin est super joli et la dernière image, symbolique. J’avoue être tout de même restée un peu sur ma faim. Mon imagination étant fertile, j’ai laissé la dernière image prendre forme dans mon esprit. Mais j’aurais aimé, ne serait-ce qu’un peu… un tout petit peu, le voir.

En conclusion, une romance qui traverse le temps et l’espace, un scénario de voyage dans le temps simple et pourtant solide, je lui donne pour ma part une place parmi mes grands coup de coeur en ce début 2022 sans hésiter. Si je devais regarder à nouveau? Sans hésiter.

Promise Cinderella – プロミス・シンデレラ (2021)

Avant de commencer à parler de mon gros coup de coeur dans la catégorie « romance », une petite mise au point de la part de votre très humble plume au sujet de ce sujet un peu tabou « la différence d’âge entre un homme (mineur) et une femme ». Je lis souvent des critiques négatives à ce sujet et j’avais envie de réagir.
Loin de moi de vouloir convaincre le monde entier. Ou de vouloir imposer ma vérité. Je pense que chacun est libre de s’y intéresser ou pas.
Je pense par-contre un peu difficile de juger un drama avec ces thèmes sensibles, comme la différence d’âge, le thème de la romance avec un mineur (ce qui est le cas ici), ou l’homosexualité, bref, ce qui touche à une « minorité » de manière objective. Bien sûr, chacun est libre d’accepter ou non ce qui est différent. Personne ne peut nous y obliger. Personne ne peut nous y contraindre.
Ce qui m’ennuie, c’est lorsque clairement, nous n’y sommes pas favorables, il est très curieux de voir que certains êtres humains s’ingénient à regarder des dramas, séries ou films traitant de sujet qui créent des polémiques au sein même de notre propre conscience. Le résultat est souvent quitte ou double. Soit, on adore et notre opinion change alors progressivement. Soit, on déteste, ce qui est un droit, je le répète, mais donner une mauvaise critique suite à cela est injuste en soi, vu que notre avis est déjà biaisé dès le début.
J’essaie d’être objective en ce qui concerne mes émotions, sur ce que je peux lire, voir ou écouter, mais lorsque les sentiments font la part belle à notre raisonnement, il est souvent difficile d’être objectif. D’où mes critiques souvent élogieuses. J’ai décidé pour ma part de ne parler que de drama, de livre, d’écoute qui m’ont touchés, émus, fait rire, réfléchir…Donner un mauvais avis n’est pas souvent constructif, surtout pour moi, car je pense que ce que je n’ai pas aimé, d’autres ont surement aimé. Les seules critiques négatives que je veux bien écrire, sont celles qui concernent mes attentes et qui m’ont au final déçues. Bien sûr, étant loin d’être encore parfaite (hahaha), je me relis et je me soigne.

Ici, le drama traite d’un thème qui m’est cher. Je ne suis pas une pro-romance jeune mineur/femme plus âgée (avant d’être étiquetée immorale). Mais mon vécu me permet de comprendre et donc de m’identifier souvent à ces histoires. C’est donc avant tout personnel.
Mon vécu? Cela ne fera sûrement pas l’objet d’une biographie plus tard, mais j’avais envie de vous dire en quelques mots, après tout, cela explique pourquoi des dramas comme « Promise Cinderella« ,  » Hajimete Koi wo Shita Hi ni Yomu Hanashi » ou encore « My fated boy » m’ont autant plu.

Mais venons en au drama, après ce long monologue.

Il était une fois Katsuragi Hayame, une jeune femme de 27 ans au bord du désespoir. Trompée par son mari, la voilà fuyant le domicile conjugal et se retrouvant du jour au lendemain à la rue et sans un sous. S’en vient un prince, arrogant et méprisant, un jeune prince de 17 ans. Par jeu, par vengeance, par ennui, voilà notre joli prince, Kataoka Issei s’en menant notre belle en sa demeure et lui proposant de gagner sa pitance sous forme de jeu, pas très sympathique au demeurant. De fil en aiguille, le prince perdant de sa superbe se retrouve bien marri : Hélas, le voilà bel et bien amoureux de sa belle divorcée.

Voilà, un résumé qui en dit long. Un classique que l’on retrouve souvent chez les japonais. Plus par ennui, j’ai appuyé un peu par dépit sur le bouton play. 8 épisodes de pur bonheur. 8 épisodes de franche rigolade. 8 épisodes de battement insensé d’un petit coeur qui pensait avoir tout vu. 8 tout petit épisodes!!
Ce que j’ai adoré? La relation super « kawai » et ultra adorable de nos deux protagonistes!!! Sincèrement, je me suis retrouvée 30 ans en arrière (je sais, je suis vieille mais chut…) lorsque je courais dès la sonnerie de l’école afin de ne pas rater les épisodes de « Maison Ikokku » ou encore « Ranma 1/2« .

Les chamailleries d’Issei et d’Hayame ne sont pas sans rappeler ceux d’Akane et de Ranma ou encore de Kagome et d’Inuyasha. Un pur délice pour l’adolescente que je n’ai cessé d’être. A l’instar des mangas de Takahashi, la relation explosive des deux fortes têtes progresse rapidement vers un lien plus intime. Les situations, comme le retour de l’ex-mari ou de Seigo mettent alors en évidence la force de leur sentiment qui petit à petit finissent par éclater aux yeux de tous, sauf bien sûr d’eux-même (c’est bien plus drôle ainsi). L’entourage de nos deux tourtereaux comme la sémillante grand-mère et son « plus que « majordome ou le délirant et ô combien génial Koya a ce doux parfum de cupidon tirant sa flèche à la moindre occasion, ô combien cliché mais si étrangement imprévisible et drôle, ajoutant encore plus de piment dans leur histoire. L’alchimie est incroyable entre Issei et Hayame. Chacune de leur interaction est drôle et tellement évidente à nos yeux. Les répliques fusent comme des bulles de champagne, le couple brille par une complicité intense faite de réthorique et de respect mutuel. Et contrairement à « Hajimete Koi wo Shita Hi ni Yomu Hanashi« , le baiser (le seul d’ailleurs entre nos protagonistes) arrive plus tôt. Bondissant comme une petite fille recevant une barbe à papa, à travers toute la salle à séjour et hululant à qui mieux mieux avec un chéri en délire, nous avons dû faire peur à toute notre tribu de môme.
La progression romantique d’Issei et d’Hayame est naturelle malgré leur nombreuses disputes, disputes qui s’apparentent plus à des querelles d’enfants amoureux. Point donc de frustration, nous adorons les voir se lancer des piques taquines avec toute la tendresse du monde dans les yeux. Il est difficile de ne pas les voir en tant que couple pratiquement dès le départ. Et cela bien que 10 ans les séparent.
Hayame, bien que clamant à qui mieux mieux ne voir qu’en Issei qu’un petit frère, nous délivre une complicité sans faille envers Issei, et je n’ai pas eu cette mauvaise impression de voir une relation de femme plus âgée/d’homme plus jeune comme dans « The rational life« , où cette impression désagréable de décalage au niveau de l’âge était omniprésent. Ici, Issei et Hayame sont dans le même délire et sur la même longueur d’onde. L’un n’hésite pas à user de stratagème foireux à l’aide d’un dé et de challenge plus que douteux et l’autre acceptant ce type de duplicité avec une facilité déconcertante. Cela aurait pu être malsain et graveleux, et pourtant, on s’amuse presqu’autant qu’eux.
Au-delà de leur relation adorable et ultra « cute », le côté sain et naturel rend cette romance addictive au plus haut point. La franchise que nos deux héros avaient l’un pour l’autre ne permettait pas au doute de s’immiscer entre eux. Cette confiance qu’ils avaient l’un pour l’autre était géniale, parler à coeur ouvert et sans tabou….Pour exemple, lorsque Hayame apprend de la part de son ex-mari qu’il s’est obligé pendant des années à manger sa cuisine bizarre sans broncher pour lui faire plaisir, j’ai adoré ce grommellement baragouiné par Issei, lorsqu’il a l’honneur de goûter un peu plus tard à la cuisine d’Hayame. Sans s’embarrasser de délicatesse, Issei ordonnant à Hayame d’arrêter de cuisiner était hilarant et en même temps touchant. C’est ainsi que je conçois une relation. Peut-être un peu, souvent abrupte de la part d’Issei mais cela a le mérite de ne pas induire Hayame dans l’illusion d’un bonheur qu’elle est peut-être la seule à ressentir. Leur relation fonctionne donc en grande partie à 200% grâce à leur complicité et à leur communication franche et honnête.

L’écriture des personnages et le jeu des acteurs ont été le gros plus, ce qui a fait toute la différence, surtout lorsque le scénario ne casse pas 3 pattes à un canard.

Je commencerais par Kataoka Issei ! Mon méga gros coup de ce début 2022! Pour tout vous avouer, lorsque j’étais adolescente, j’en pinçais pour un personnage de manga, de mon auteur favori, Rumiko Takahashi : Ranma. Ici, Issei me rappelle Ranma, version live. Bourru avec un coeur immense.
Toujours à lancer des piques, arrogant, parfois méprisant, et avare en compliment (je dois être maso, en fait…), le personnage n’en est que plus attachant durant ses moments maladroits, ses moments de bravoure
(lorsqu’il accoure sans hésiter au secours d’Hayame face à la furie de la VIP), ses moments enfantins (lorsque dans les escaliers, il fuit le film d’horreur à la télé, hilarant!), ses moments de jalousie, d’incertitude…
L’évolution de ce personnage se fait progressivement et naturellement. Nous le voyons grandir et mûrir, essayer tant bien que mal à ne plus être l’adolescent à problème et devenir l’adulte sur qui Hayame pourra se reposer si besoin. Son comportement vis à vis de ses amis et ancien « jouet » témoigne de sa maturité. J’ai beaucoup apprécié la surprenante amitié et loyauté de Kensuke, Momoka, Chaisato et Kazuki. Surprenant, car tout pointait vers un « je traine avec toi car tu es riche » et j’ai été agréablement surprise d’apprendre que le paraitre ici ne correspondait pas à la profondeur réel de leur sentiment. Une fois révélé, on prend facilement goût à leur amitié, bien que peu présente à l’écran.
Le jeu d’interprétation de Maeda Gordon m’a grandement impressionné. Peu séduite au départ, j’ai un peu de mal avec les acteurs et actrices japonais, j’ai très vite été séduite, sans vraiment m’en rendre compte. Sa voix grave et sa prestance fait oublier qu’il est un lycéen de 17 ans. Rappelons, que l’acteur avait 20/21 ans au moment du tournage ce qui ne l’éloigne pas trop de l’âge d’Issei.
Son jeu est naturel, ses expressions mi-figue mi-raisin envers Hayame ou ses répliques arrogantes m’ont souvent fait sourire voire rire. D’ailleurs, sa façon d’interpeller sa grand-mère « old crazy woman » m’a fortement rappelée celle que Ranma avait envers son père 🙂

Hayame est définitivement le type d’héroïne que recherche. Non seulement, elle est jolie à croquer mais en plus de sa douceur et de sa joie de vivre, elle reste une femme de tête qui s’en tient rigoureusement à ses principes! Quel plaisir de la voir relever la tête quoiqu’il arrive et d’avancer avec ce mélange de fierté et d’humilité qui très vite vont la caractériser.
Bien qu’Hayame vivent « au crochet » d’Issei et de sa grand-mère, Hayame ne s’en plaint pas, ni ne s’en offusque. Elle préfère au contraire montrer sa reconnaissance en travaillant, ce qui je l’avoue me semblait fort logique. Pas une seule fois, elle ne se montrera méprisante envers Issei pour sa richesse, sans pour autant vouloir en profiter ou le rejeter. L’argent n’est donc pas un tabou pour elle. Hayama sait qu’elle est dans une situation délicate et ne refuse aucunement les mains tendues, bien au contraire. Ce qui évite les conflits classique pauvre/riche qui sont parfois étouffants au point de me faire fuir.
Sa joie de vivre et sa volonté de vouloir bien faire les choses la rendent extrêmement attachante. Assumant ses parts de responsabilité, elle ne rejette pas la faute sur les tiers et préfère se remettre en question. Ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. C’est donc un personnage féminin qui incarne une féminité attendrissante et douce combinée à une force de caractère (et physique) exceptionnelle (la gifle du premier épisode restera inoubliable!). Ses sentiments envers Issei sont adorables. La complicité qu’elle partage avec lui est quasi immédiate, bien que tumultueuse. Elle est à l’aise à 100% avec lui, se confiant sans aucune hésitation sur ses pensées, notamment lorsqu’elle parle de son divorce. Je dis merci mille fois au scénariste, car il n’y a rien de plus frustrant que des quiproquos dû à un manque de communication !

Je pense qu’il est, bizarrement, plus difficile d’écrire des personnages secondaires. Trop souvent, ces personnages ne sont que des objets parsemant le décor et permettant aux personnages de vivre leur aventures pleinement. Ils sont donc basiques et peu étoffés. Ce qui est dommage. Ici, les personnages secondaires ne sont pas du tout des outils mal écrits. Ils vivent pleinement leur vie comme nous pouvons le voir avec Kurose Koya et Sakamura Mahiro, les alliés de nos tourtereaux dans le ryokan. Kurose Koya maniant l’ironie et les remarques impertinentes est le playboy toujours prêt à s’imposer là où il n’est pas invité. Sa bromance avec Issei est subtil et plein de drôlerie. Nous avons pensé très fort que ce personnage mériterait un drama à lui seul. Je ne vous raconte pas mon cri de victoire lorsque j’ai su que « Cinderella Complex » mettait justement en scène Kurose Koya et Sakamura Mahiro. Quelques petits détails amusants entre ces deux personnages nous avaient mis la puce à l’oreille et c’est une très bonne nouvelle de savoir qu’ils auront leur propre drama.
Mes deux personnages secondaires favoris ont été Kataoka Etsuko, la grand-mère, et Yoshitora Eiji , le majordome! L’essence de ce couple est la « kawai attitude ». La pertinence des remarques de la grand-mère et l’attitude obséquieuse du majordome ont réellement apporté un très grand plus. Le spectateur comprend rapidement que Kataoka Etsuko a décidé de jouer cupidon, sans aucune subtilité d’ailleurs, rendant les situations embarrassantes et sans aucune ambiguïtés aux protagonistes, pour notre bonheur.

Les autres personnages secondaires comme Kataoka Seigo ou Kagami Akira ne sont pas mauvais mais je pense ici qu’ils sont peut-être les moins bien écrits. Kataoka Seigo, hérite du rôle du frère/rival malheureux, se révélant un chouilla ennuyeux et peut-être un peu trop passif. Tant mieux me dira-t-on, cela m’évite le syndrome du second lead. Mais c’est dommage car n’étant pas de poids face à Issei, pas une seule fois je n’ai senti un danger quelconque pour le couple. Vous me direz, Hayame ne le cherchera pas une seule fois, gardant toujours une distance bien limitée.
Kagami Akira était loin d’être inintéressante. Souvent, l’antagoniste qui est bien écrit, intrigue et procure des émotions intenses comme la haine. Pour tout dire, Akira ne nous donne pas envie de la détester ou d’avoir de la compassion. Pour comprendre, il suffit de penser à Kim Min Jung dans « The Devil Judge » qui nous avait délivré une superbe interprétation. C’est donc surement la faiblesse de ce drama, ce qui reste minime.

En résumé, ce drama, qui peut ne pas plaire à tout le monde, trouvera surement une petite place auprès des nostalgiques de manga ou d’animé des années 80. Ou toi le lecteur passant par hasard.

Drôle et stéréotypée, le drama pourtant a su finement jouer la carte d’une romance pétillante entre deux personnages adorables et des personnages secondaire loufoques mais extrêmement attachants. Si cela n’est pas un masterpiece, il n’en reste pas moins qu’à mes yeux, il a peu de défauts. M’ayant fait rêver et rire, le but de ce drama a été pleinement atteint.

Le drama est basé sur le manga, publié en 2018, du même nom et dont l’auteur, Tachibana Oreco, n’a écrit pour l’instant qu’une seule oeuvre. Il m’est impossible de passer à côté de ce drama maintenant. Je reviendrais sûrement pour venir ajouter ma critique du manga, et peut-être un manga versus drama.

Si vous n’avez pas d’apriori sur une romance de noona avec un mineur.
Si un drama old school ne vous fait pas peur.
Si des BGM obsolètes ne vous rebute pas, allez-y le coeur haut et fort.
Vous ne le regretterez pas.



« Petite biographie en mode rapide (qui peut aider à comprendre mon engouement pour ce type d’histoire) : Divorcée à l’âge de 26 ans avec un bébé de 18 mois pour me remarier avec mon canadien, qui avait 19 ans à l’époque (18 ans quand je l’ai rencontré, donc mineur au moment des faits hahaha). Mon bucheron, encore étudiant, décide de quitter son pays par amour, tout abandonner pour me rejoindre. Il est devenu beau-père à 19 ans d’un petit bout de 18 mois. Nous nous sommes mariés, 3 mois après son arrivé en France. 7 ans de différence, divorcée (et vous devez savoir qu’un divorce chez les chinois, c’est la fin du monde!) avec un enfant en bas-âge, il est évident que les regards allaient nous scruter avec attention, voire nous juger…hé bien, étrangement cela fut bien loin de mes pires attentes. Amis, familles et entourages, des deux côtés ne nous ont pas arrêtés, juste des mises en garde classique mais le plus souvent des encouragements. Tout n’a pas été rose, mais avec beaucoup d’amour et de communication, la différence d’âge est devenue une taquinerie entre les enfants et nous.
Mon bébé de 18 mois aujourd’hui 22 ans, a été rejoint par des petits frères et soeur. Et mon bucheron et moi (des presque vieux) délirons, comme au premier jour de notre rencontre, comme si nous devions avoir éternellement 19 et 26 ans….
Il arrive donc que l’on puisse s’aimer comme des dingues avec 7, 10 ou 15 ans de différence. Traverser un océan. Accepter l’enfant de l’autre. Arrêter ses études et bosser nuit et jour pour subvenir à l’enfant de l’autre. N’en avoir cure du regard des autres. Il arrive donc que l’on puisse encore s’aimer comme des dingues 20 ans après. Et c’est surement plus commun que l’on imagine. »

Rainless Love in a Godless Land – 無神之地不下雨

Il était une fois, une petite fille, future Sikawasay, se voyant attribuer un ange gardien, Orad, le dieu de la pluie….

Comme toi, j’ai grandi avec ces contes de fées qui m’ont fait rêver.
Comme toi, j’ai mûri avec les oeuvres de Hayao Miyazaki.
Comme toi, j’ai chantonné les yeux éblouis les notes d’un Disney.
Ici, j’ai eu droit à un conte de fée sublime. Une oeuvre écologique. Une magnifique OST.

Dès les premières images, j’ai été aspiré dans un monde méconnu, un conte baignant dans l’univers d’une tribu à Taiwan, les Amis (阿美). Un monde magique où Kawas (dieux) et être humain se côtoient, aromatisé d’une romance adorable, d’un scénario complexe et riche en folklore. Une perle. N’attendez plus, endormez-vous au plus vite, et venez rejoindre ce magnifique rêve.

Pour commencer, un petit de culture, cela ne fait jamais de mal, sur cette tribu. Il y a 16 tribus indigènes à Taiwan, reconnus officiellement. Les Amis (阿美族), prononcé Āměizú, en font partie. Ce nom a été popularisé sous l’occupation japonaise entre 1895 et 1945. Leur véritable nom est Pangcah (邦查) signifiant « les nôtres ». Les Amis forment la tribu d’aborigène la plus nombreuse reconnu par Taiwan. Ils parlent un langage spécifique, Caciyaw no Pangcah.
Le drama tourne donc autour de leur folklore, leur Dieu suprême Kakarayan, les dieux Kawas, les êtres humains et la nature.

Le scénario parait simple de prime abord : les kawas doivent quitter la Terre et abandonner les êtres humains, responsable de catastrophique écologique. Le résultat de ce départ est la disparition de la pluie, l’essence même de la vie. Au fur et à mesure de l’avancé des épisodes, le spectateur découvre que le départ des Kawas cachent une vérité dérangeante, une vérité différente. Chaque épisode apporte son lot de questionnement, d’étonnement. La réponse finale est surprenante et, je ne vous le cache pas, m’a bien surprise. Je m’attendais à tout, sauf à cela. C’est donc de surprise en surprise que nous découvrons le secret des Kawas. On en devient certes confus, se demandant qui est qui, qui fait quoi. Pourtant c’est avec plaisir que l’on suit les indices, les doutes des protagonistes, les retournements de situation. Le final apportera des réponses claires prenant tout leur sens. C’est avec satisfaction que l’on finit le dernier épisode. Avec un sourire émerveillé. Un conte de fée, vous dis-je.

Qui n’a jamais souhaité avoir un ange gardien? Un puissant protecteur, qui plus est possédant un physique d’Apollon?
Orad, dieu de la pluie se voit confier sous ses augustes ailes une petite fille, Xi TianTi. Leur lien entre Orad et TianTi nous sera conté à travers des flashback et des petites scènes à la fin des épisodes.
Un lien qui se nouera très intimement et c’est avec bonheur que l’on suit leur adorable romance à travers leur interaction. Chaque petite attention d’Orad, chaque geste de sa part, chaque regard était une merveille, un ode à l’amour. Il est à noter que la romance occupe une place importante dans la première partie, et qu’elle cède sa place à l’intrigue dans la seconde partie, mais tout en continuant à en être le moteur de l’histoire. Je regrette un peu que la romance n’ait pas plus de place et que l’intensité des émotions ne soit réellement présente qu’à travers le passé de nos protagonistes. Un parti pris mais qui ne permet pas l’exploitation à son maximum de la romance selon moi.

Le casting a été parfait, réunissant encore une équipe gagnante comme le scénariste et acteurs d' »Attention Love« .
Le scénariste Chi Feng Chien de « Someday or One Day » et « Attention Love » signe un drama intriguant mêlant habilement la complexité d’une histoire unique agrémentée de révélation inhabituelle et d’une romance soignée.
Fu Meng Bo a été superbe dans ce rôle. Ce n’est pas un acteur qui m’avait marqué dans ses précédents rôle, ici, il m’a bluffé. Le rôle d’Orad lui va à la perfection et ses rares sourires ont illuminé le petit écran ^^
J’étais pourtant loin de trouver Fu Meng Bo séduisant. Il me prouvera par la suite que le rôle d’Orad lui colle à la peau, sexy et juste whaou.
Johanne Tse est par contre une actrice que j’aime beaucoup. Je l’avais découverte dans « Attention Love! » avec Prince Chiu (Argh, un de mes chouchous taïwanais), Prince Jiu qui fait une petite apparition d’ailleurs ici. Elle campe ici un personnage sympathique dont la sensibilité exacerbée la prédestine à devenir une Sikawasay, un médium servant d’intermédiaire entre les Kawas et les humains.
Les personnages secondaires ont été pour certain comme le dieu de la sagesse un coup de coeur.
Li Pu Hui, ami de toujours d‘Orad, apporte dans son sillage la petite (grande) touche d’humour qui pour tout dire s’éloigne joyeusement de la sagesse 😂
Malusakadat, l’épouse de Li Pu Hui, n’a pas un grand rôle à jouer, mais j’ai adoré leur couple, malgré le peu de présence à l’écran qui leur a été donné. Et puis Guo Shu Yao a été inoubliable dans « Attention Love« , j’ai été plus que ravie de la retrouver ici.
Toem aura été celle qui m’a le plus intrigué. Ce personnage interroge dès le départ. Les raisons de ses actions m’ont profondément touché, l’ambiguïté de ses gestes et paroles, tout comme Fali, ont contribué à mystifier ce drama, apportant cette dimension du « ni tout noir, ni tout blanc ».

La réalisation de ce drama est l’exemple même du « avec 3 fois rien, créons du grandiose ». Ici, point de CGI époustouflant. Point d’action défrisante. Que nenni, quelques petites lumières par-ci, de petits effets par-là apportant son lot de surnaturel et le tour est joué ! Cela fonctionne et deux fois plus qu’une ! La réalisation est soignée et les images parlantes. Le spectateur est émotionnellement impliqué dès les premières images. C’est du grand art.
La qualité de la réalisation se ressent aussi à travers le respect et la dévotion de la culture des Amis! Jusque dans leur quotidien, leur costume, leur langage, leur façon de penser… Le réalisme de tout cela m’a réellement donné envie d’en apprendre un peu plus sur ces indigènes.
J’ai aussi adoré la simplicité de la représentation des Kawas. On s’éloigne des costumes que l’on a coutume de voir dans un drama chinois, blanc ou noir ici, et c’est tout. Simple et tellement redoutable.

Le folklore des Amis est un des points d’intérêt du drama. J’ai adoré découvrir leur légende, telle une petite fille à qui on lirait une histoire chaque soir. En effet, chaque début d’épisode nous est conté la légende des kawas et de Kakarayan sous forme de petit dessin animé, dans la langue des Amis. C’est non seulement passionnant mais ludique et instructif. Nous apprenons ainsi l’histoire de leur tradition, de leur dieux et de leur peuple. Cela permettra aussi de bien comprendre l’épisode qui suit. Et entendre les kawas parler la langue des Amis, une immersion totale ! Sincèrement, on apprécie cet effort que font les acteur à parler cette langue avec un tel naturel.

L’OST! La bande son est un petit bijoux musical ! Un des rares CD que je m’empresserai d’acheter, sans une once d’hésitation. Les paroles autant que les notes de musiques collent parfaitement à l’ambiance surnaturelle du drama. La chanson des Amis, « 讓我聽見你 » (Be yours) est sublime ! Que cela soit la version de Astro Bunny ou la version de Men Envy Children, elles sont toutes deux magnifiques, transcendant le chant en langage Amis, apportant une émotion intense. La version A cappella, introuvable malheureusement, lorsque TienTi fait son rituel de prière, est d’une beauté à couper le souffle, d’une douceur et d’une pureté incroyable. C’est d’ailleurs la chanson qui m’a dès le départ arrimé au drama, la dernière fois qu’une chanson m’avait fait un tel effet, doit remonter à « Beauty and The Beast » de Disney…
L’opening « 最後一秒鐘 »  (The last second) interprété par 九澤CP est tout aussi superbe, m’obligeant à ne pas « skipper » l’opening à chaque épisode, ce qui arrive rarement, voire jamais. Je n’ai pas beaucoup d’information sur 九澤CP, ce qui est dommage, car j’ai tout particulièrement apprécié leur chanson (je me fait fort d’écouter et d’enquêter, foi de Sammy). Ce qui n’est pas le cas de Mayday, groupe taïwanais ultra-connu et adoré en Asie. Avec ce drama, j’ai pu découvrir avec bonheur « 知足 » (contentment), une chanson qui étrangement rend heureux. Ne me demandez pas pourquoi….Il est vrai, que toute la bande-son rend heureux.
Il y a aussi la chanson « 煙雨 » (Misty Rain) de Nine Chen, magnifique (me donnant presque envie de pleurer) ou « 想對你說 » (Too Much to Say) d’Astro Bunny ou encore « 抱著你 » de A-Yue. Si vous n’avez pas encore compris, oui, l’OST restera en tête longtemps après la fin d’une série, continuant à me rendre heureuse à l’écoute.

La fin. Peu de dama m’aura donné autant de satisfaction avec une fin aussi simple et heureux. La toute dernière image m’aura fait sourire pour une bonne semaine entière.

Un drama mêlant habilement le folklore d’une tribu avec des dieux des demi-dieux, des démons et des esprits perdus, un conte de fée, un ange gardien diablement sexy, un dieu de la sagesse drôlement immoral, une romance adorable…Ne passez pas à côté ce ce merveilleux drama taïwanais ! Si, bien sûr, lire les sous-titres en anglais ne vous fait pas fuir…

Vincenzo – 빈센조

Que faut-il pour qu’un drama soit potentiellement un succès indéniable?

Tout d’abord Park Jae Bum.
Qui?
Le scénariste du géniallissime « Chief Kim » qui détient le record (selon mon très humble avis) de la meilleure bromance du monde EVER et du personnage le plus déjanté et futé du monde EVER.
Il a d’ailleurs à son actif « Fiery Priest » qui est à mourir de rire aussi, le très connu « God’s Quizz » que je n’ai pas encore vu (Cela ne saurait tarder…) ou le très touchant « Good Doctor » (repris par les américains mais sans la magic touch de Park Jae Bum et de Joo Won, surtout lui…)
On lui pardonnera tout de même son erreur de parcours « blood« , la perfection n’étant pas de ce monde (sauf Hong Gi Oppa).

Alors oui, ce scénariste est un génie de talent qui a su écrire des histoires extraordinaires et nous dépeindre des protagonistes fabuleux. Mais si cela devait être suffisant, beaucoup de drama aurait été des succès planétaires. Une histoire prenante, des personnages fabuleusement drôles, des vilains super vilains, un super héros incroyablement sexy et classe….pour camper tout ce beau monde, il n’en fallait pas moins de grosses pointures et le premier, la tête de gondole n’est autre que mon « number one in my heart » ( hum…j’ai au moins un « number one in my heart » dans toutes les catégories hahaha) : Song Joong Ki. Mais.

Avant de commencer, résumons un peu l’intrigue : Vincenzo, un membre de la mafia, avocat et conseiller du parrain, s’en retourne en Corée après le décès du chef de la famille mafieuse Cassano.
De retour en Corée pour des raisons un peu vénale, il faut bien l’admettre : récupérer un moncel d’or caché dans les tripes d’un immeuble où logent des locataires tous plus ou moins étrangement timbrés. L’idée de départ, repartir avec cet or est très très vite submergée par les problèmes rencontrés des-dits locataires et par extension donc, par l’immeuble qui cache en son sein une immense fortune. Voilà notre héros malencontreusement mêlé à un combat qui n’était pas le sien. Cela ne vous rappelle rien? Oui, oui « Chief Kim« . Même cas de figure où notre protagoniste est élevé au rang de héros national et qui se doit donc devenir le défenseur de la veuve et de l’orphelin.
Mais ici, contrairement à « Chief Kim« , les vilains ne reculent devant rien, et surtout pas le meurtre. Résultat? un drama sanglant, des scènes d’actions épiques et un humour décapant!

La qualité de ce drama tient en plusieurs points:

  • l’humour omniprésent. Cet humour, que l’on retrouve joyeusement dans « Chief Kim » ou « The fiery Priest » est ici poussé à son paroxysme avec tout d’abord un protagoniste « normal », tueur hyper cool mais froid, sans une once de pitié si ce n’est pour les femmes et les enfants, se retrouvant entouré de moult personnages tous plus loufoques et délirants les uns que les autres!
    L’expression « pas un pour en rattraper l’autre » n’aura jamais été autant approprié ici!
    C’est un « Chief Kim » mais à l’envers. En effet, si dans « Chief Kim » le personnage exubérant qu’était Kim Sung Ryong apportait son grain de folie dans l’univers coincé qu’était le monde de la finance et des affaires, ici c’est bien l’opposé qui nous fait rire à s’en péter le bide!
    Vincenzo Cassano est propulsé dans un monde de fou où tout n’est que caricature et absurdité.
  • Ensuite les locataires ! L’absurdité de leur paroles et actions est absolument jouissive, nous découvrons au fur et à mesure cette « famille » qui petit à petit s’allie aux côtés de Vincenzo.
    De la pianiste « amoureuse creepy » en passant par le blanchisseur expert en ciseaux et en finissant par l’ex-gangster nounours, tout un panel de personnages hauts en couleurs avec pour certain un passé excitant et mystérieux, faisant de ces personnages des must à avoir près de soi en tant qu’allié, voire en tant qu’ami ! Nous avons pris notre pied lors de ces bagarres épiques où les locataires nous démontrent tout l’étendu de leur talent! Et je dois avouer que l’un de mes chouchous aura été l’agent du NIS! Ahn Ki Seok , le président du fan club de Vincenzo!!!! ah rien que pour son magnifique saut sur le côté ou ses regards expressifs lorsqu’il regarde son idole en a fait un de nos chouchous incontestés.
    Nous passons donc notre temps à rire. De fous rire en fous rire, il est difficile de prendre ce drama au sérieux. (Je vous raconte pas la scène épique de la bagarre titanesque finissant superbement sur un symbole bien franchouillard, il faut le voir pour le comprendre ou les pigeons…les PIGEONS quoi!).
  • Les situations qui sont tout sauf frustrantes! Oui car c’est ce qui fait aussi la force de ce drama. Tout comme dans « Chief Kim« , les protagonistes font face à des antagonistes cruels prêts à en venir aux méthodes les plus horribles. Mais rarement, nos héros se retrouveront dans une impasse ou piétinés et jetés dans la fosse aux lions. Ici point de trahison, point de retournement de situation défavorable (quoique on y a parfois cru). Non, que du bonheur, car les héros s’en tirent presque tout le temps de manière superbe. Je dis presque, car il y a tout de même des pertes, mais dans l’ensemble, peu de fois où Vincenzo se retrouvera déconfit. Ah mais j’entend d’ici les « oui, mais c’est pas drôle s’il gagne toujours?  » hé bien, en ce qui me concerne, je proscris les séries où le personnage principal passe son temps à morfler et à en baver. La vie est déjà triste et remplie de situation qui nous échappe continuellement, je n’ai pas envie de voir un personnage se débattant dans la frange dégoutante de la trahison, d’échec en échec ou de drama sur drama. Non, merci. Surtout pas en ce moment.
    Je dois donc admettre que c’est tout sauf proche de la réalité, mais j’ai une nette préférence pour les contes de fées, pour les histoires qui se finissent bien, pour les héros qui gagnent tout le temps… Si donc comme moi, vous adorez ces situations rocambolesques où le bien triomphe systématiquement, ce drama aura une chance de vous plaire.

Et si comme moi, vous êtes un inconditionnel de Song Joong Ki, courrez les yeux fermés, ou plutôt ouvert (sinon, il y a peu de chance de profiter de la vue qu’est Joong Ki oppa). Il faut tout de même reconnaitre que l’écriture de ce personnage est particulièrement réussi : un homme d’apparence froide et cynique cachant une sensibilité, ne se désavouant jamais tout en gardant la même ligne de conduite. Il était drôle de jouir d’un Vincenzo perdant parfois de sa superbe face à une Hong Cha Young complètement délirante ou aux locataires impunément barge. Le must? Vincenzo et le pigeon…Je n’en dirai pas plus au risque de spoiler.
L’intelligence de Vincenzo, redoutable et impitoyable se déguste à chaque épisode. Ce que je redoute souvent, voir un personnage sombrant pitoyablement dans des pièges fomentés par les adversaires, n’existe pas, ou presque pas ici. A chaque attaque, il contre-attaque avec sérénité d’une manière brillante et souvent drôlement humiliante. Il faut pourtant admettre que sans ses acolytes, il y arriverait difficilement. Ici, n’oublions pas que le drama repose sur Vincenzo et sa « famille »!
Bien que Hong Cha Young soit à première vue un personnage superficiel et « grotesque », elle évolue doucement pour devenir la partenaire fiable et loyale de Vincenzo. On pourrait lui reprocher son attitude frôlant souvent le ridicule, j’ai personnellement aimé ce type d’héroïne farfelue transpirant la féminité assumée. Le petit reproche que je pourrais faire, qui bien sûr ne concerne que mes préférences : Je n’ai pas vraiment eu de coup de coeur à leur romance. L’alchimie était bien présente et leur relation agréable à regarder. Mais je ne saurais mentir, je n’ai pas eu de papillons ou de battements de coeur face à l’évolution de leur relation. Cela ne m’empêche nullement d’apprécier ce couple dynamique et drôle.

Ah, que serait un drama sans antagonistes? Ici, le scénariste nous a donc pondu des méchants bien cruels, sans état d’âme baignant dans un ridicule qui nous les rendaient encore plus détestables! Le jeu des acteurs y est sûrement pour quelque chose et j’avoue que j’ai été agréablement surprise de voir Ok Taec Yeon et Kim Yeo Jin dans ce type de rôle, qui leur sied à merveille. Ils ont été parfaits en tout point !

Mon dernier coup de coeur : Kwak Dong Yeon. Je voyais venir l’évolution de ce personnage et j’ai particulièrement aimé la bromance entre Jang Han Seo et Vincenzo. L’évolution de Jang Han Seo était prévisible (du moins quand on a un peu l’habitude des K-dramas) mais réussi. La compassion que nous ressentons envers ce personnage a encore rendu son amitié avec Vincenzo encore plus touchante.

C’est donc un drama de grande qualité qui nous permet de rire à gorge déployée grâce à un scénario brillant et des personnages loufoques et touchants, parfaitement interprétés ! Un must to laugh sans modération!

Ma petite conclusion : Song Joong Ki est toujours aussi beau, sexy et talentueux. Finissons sur des photos d’Oppa!


Start-up – 스타트업

Un magnifique voyage où l’on en sort heureux. Un conte de fée qui nous donne à croire, profondément, en l’humanité. J’en suis ressortie pleine d’espoir, plein de rêves en tête. La leçon de vie est bouleversante et lorsqu’une pincée d’humour et des paillettes de romance viennent en saupoudrer le tout, cela serait bien bête de bouder son plaisir.

Le titre. Pour une fois, c’est ce titre qui ne me tentait guère. Je boude un peu les dramas qui ont pour thème le monde des affaires. Et pourtant, encore une fois, j’ai eu tort. D’ailleurs, ce titre aurait dû s’appeler « Start-up, follow your dream », car il s’agit bien ici de protagoniste se cherchant, se tâtant et courant au final sans peur vers leur rêve, mordant leur vie à pleine dent. Et c’est aussi pourquoi j’en suis tombée amoureuse.

Le parcours d’une start-up, ici sous toutes les coutures. Cela peut paraitre rébarbatif, et pourtant, cela fut un réel plaisir que d’apprendre le fonctionnement d’une start-up, le jargon de ce monde, les écueils mais aussi les espoirs qui vont avec. De ce que j’ai pu lire en enquêtant un peu à droite et à gauche, car je suis loin d’être une experte en la matière, le drama est très bien documenté et les aspects du monde des start-up sont proches d’un documentaire. S’entourant d’expert en la matière, le scénariste s’est assuré de savoir parler d’un sujet qui a été peu évoqué par le passé. La cancre que j’étais et qui dessinait durant les cours d’économie aurait apprécié ce type d’apprentissage…
C’est donc avec une certaine excitation que nous suivons leur parcours, priant tous les dieux de les voir réussir.
Agonisant avec leur angoisse mais applaudissant à leur victoire, pour un peu et je me pensais faire partie intégrante de leur équipe.
Se mordre les lèvres lors des compétitions, j’avoue y avoir pris mon pieds.
C’est donc un carton plein pour un thème qui était tout sauf passionnant à mes yeux.

L’atout majeur de ce drama ne repose pas seulement sur cela. Comme souvent, donner vie à des personnages et leur insuffler un charisme qui crève l’écran est selon moi ce qui m’obligera à y rester scotchée telle une glue.
C’est donc sans surprise que ce drama y a excellé haut la main. Il faut savoir qu’au commande de cette perle il y a tout de même Oh Choong Hwan, réalisateur du géniallissime (c’est un mot?) « Hotel Del Luna » qui rappelons-le possède l’héroïne la plus méchante, la plus drôle et la plus émouvante du monde! (j’exagère un peu?, ah bon…).
Mais pas que.
Il y a aussi le fantastique et drôle « While you were sleeping » avec un de mes duos préférés Suzy/Lee Jong Suk, et « You who came from the star« , magnifique drama (magnifique Kim Soo hyun surtout hahaha).
La scénariste est quant à elle, Park Hye Ryun, celle qui nous a pondu « Dream high » (oui, peut-être un peu cheesy aujourd’hui, mais sacrebleu le genre cheesy qu’on adore sans savoir pourquoi!), « While you were sleeping« , « Pinocchio » (Un drama qui une fois n’est pas coutume, m’aura fait aimé les journalistes) et surtout « I hear your voice« , drama qui aura fait battre mon coeur à la folie, d’ailleurs mon premier noona drama.

Le couple principal est adorable et dès les premières minutes où leur regarde se croise, la magie s’opère toute seule. Je lis rarement les critiques avant de me lancer dans un drama, cela m’évite des préjugés, et j’ai été loin de me douter que le couple que forme Suzy, avec Nam Joo Hyuk à l’écran avait soulevé autant les foules. Je mentirai si je disais que je n’avais pas une petite préférence pour Kim Seon Ho au départ. Ce n’était pas tant pour l’acteur que j’apprécie grandement, mais plutôt pour ces premiers instants où leurs destinées, Seol Dal Mi et Han Ji Pyung, vont étroitement se croiser. Pendant plus de la moitié de l’épisode, je pensais sincèrement qu’elle finirait avec lui (nan, je ne vous gâche pas la surprise, car il n’y a pas réellement de suspense à ce sujet là), il est après tout son premier amour…et puis, vint le chevalier à l’armure blanche, sur ces dernières secondes, leur regard qui se croise. Ce fut, à cet instant, une évidence, que rien ne viendra, pas une seule fois n’entacher cette certitude, que Seol Dal Mi et Nam Do San sont destinés.

Un couple maladroit et drôle, avec ces moments d’émotions intenses que savent si bien faire les coréens. Bien que Seol Dal Mi ne sache pas que Do San ne soit pas l’auteur des lettres, il est indéniable que son amour pour lui prend réalité dès leur premier rencontre. Je n’ai pas eu le syndrome du second lead, je pense que Han Ji Pyung a eu tout le temps qu’il fallait pour aller vers elle. Durant plus de la moitié du drama, il n’a pu qu’être dans l’ombre et bien que cela ait été un peu parfois dur de le voir ainsi, je ne vais pas vous mentir, j’ai été à 100% avec Nam Do San.

Mais au-delà de ce couple, ce que j’ai adoré est la relation que chaque personnage entretient les uns envers les autres.
L’amitié qui lie Lee Cheol San, Kim Yong San et Nam Do San.
J’avais peur de voir leur réussite leur monter à la tête, ou que leur lien ne se brise sur les rochers de la gourmandise ou de la traitrise. Rien de tout cela, amis maintenant, amis toujours.

La relation familiale si chère au yeux des coréens est bouleversante. Le point central ici est la grand-mère, Choi Won Deok. Incroyable grand-mère! Elle est le pilier qui réunit et mets tout le monde d’accord. Je ne compte plus les fois où j’ai dû discrètement essuyer mes larmes tout en me retenant de renifler….Choi Won Deok est une personne au grand coeur qui a su donner une affection immense sans compter à ceux qu’elle aimait. Drôle, combative et attentionnée, elle est la grand-mère que je veux être plus tard!
Je pensais naïvement que la mère qui avait honteusement abandonné sa fille ainsi que la soeur, typiquement envieuse, allaient être une épine pour Seol Dal Mi. Quelle erreur de ma part. J’ai adoré Cha Ah Hyun, qui sans aucune honte, divorce et décide de prendre sa vie en main. La voir lutter et regagner l’estime de soi afin de trouver sa place était drôle et rafraichissant en même temps. Elle retrouve sa place de mère d’une manière naturelle qu’il est impossible de lui en vouloir ne serait-ce qu’une seconde.
Et c’est bien la première fois qu’un personnage ayant fait une chose que je réprouve (je ne suis pas parfaite, non plus…) m’a donné envie de l’absoudre en l’espace d’un sourire, celui qu’elle a eut envers sa fille lors du pari entre Seol Dal Mi et Seol In Jae, au premier épisode. La suite me donnera amplement raison.
Et Seol In Jae? A la minute où je l’ai vu, le sentiment qui en ressort est de se dire qu’il y a des gifles qui se perdent…Et puis petit à petit, étrangement, le spectateur se rend compte d’une chose étrange. Malgré la dureté de ses mots, malgré son sourire méprisant, c’est une femme blessée, une femme qui se cherche aussi….Son évolution du début à la fin est remarquable. Tout en restant fidèle à son image, nous ressentons ce petit truc dans son attitude qui la rend différente. J’ai apprécié qu’elle n’ait pas été transformé en une harpie avide de gagner et de prouver avec force le bon sens de son choix. Au contraire, c’est le personnage qui m’aura fait le plus pleurer! Je ne m’y attendais pas du tout, mais alors pas du tout! L’épisode, avec ses yeux de pandas (ceux qui l’auront vu, comprendront) m’a fait pleurer comme un bébé. Kan Han Na a comme d’habitude incarné à la perfection son personnage.

Le côté loufoque et drôle est aussi apporté par les parents de Nam Do San, peu présent mais qui apportent beaucoup de rire à chacune de leur apparition. Ma scène préférée? Quand Park Geum Jung demande à son fils d’enlever sa doudoune? J’en ris encore.

Fait plutôt rare chez moi…j’ai totalement adoré le couple secondaire! Totalement inattendu, je n’aurais vraiment pas parié sur eux dès le départ. Et pourtant, ils nous l’ont rendu non seulement possible mais tellement attachant et adorable que je n’ai pu m’empêcher de penser en mon for intérieur qu’ils avaient un peu volé la vedette à Seol Dal Mi et Nam Do San….

Venons-en au protagonistes principaux. Le meilleur pour la fin, me dira-t-on.

J’ai mis ce drama de côté pour une seule et unique raison : Suzy. Je suis inconditionnellement une fan de Suzy depuis ses débuts. Cela ne me rajeunit pas n’est ce pas? Je l’ai découverte à ses débuts avec le groupe des Miss A et son premier drama « Dream High« . Je me souviens des critiques qui ne cessaient de pleuvoir sur sa façon de jouer, je me revois debout contre vents et marées à la défendre bec et ongles. Si je devais être honnête, bien qu’ayant eu le coup de foudre pour cette actrice, elle n’avait pas particulièrement brillé dans « Dream High« . Mais du chemin a été fait depuis, et il serait de mauvaise de foi de ne pas reconnaitre une nette progression, une amélioration de son jeu. Elle est la seule actrice que je trouve belle dans ses délires ubuesques….preuve en est la scène où elle pense que l’on a dessiné sur son visage après s’être endormi le visage collé à la fenêtre du bus. Ou bien elle est la seule (à mes yeux) à se déhancher comme une folle tout en étant gracieuse. La seule qui a ce côté chic et en même temps maladroit. Bref, je n’en démordrais pas, elle est mon idole de toute façon!
Ici, encore, elle ne m’a pas du tout déçue, apportant la Suzy touch et rendant Seol Dal Mi craquante dans ses délires farfelues.


Seol Dal Mi a cette force qui la fera se lever et marcher afin de réaliser ses rêves.
Cette force qu’elle a su transmettre à Nam Do San, Han Ji Pyung, à sa soeur, ne l’abandonnera jamais. Vacillera tout au plus telle une flamme pendant la tempête. Mais ne s’éteindra jamais.
Si certaines de ses décisions ne sont pas toutes sensées, et parfois en souffrant, elle ira tout de même jusqu’au bout de ses choix. Ses faiblesses ont été aussi sa force.

Nam Do San est celui qui a évolué le plus spectaculairement. De jeune adulte manquant d’assurance à un adulte qui prend pleinement conscience de ses atouts, il est vivifiant de le voir s’envoler, prendre de l’assurance et démontrer ainsi qu’il sait où il va.

Han Ji Pyung n’est pas le perdant de cette histoire, bien au contraire. Il est non seulement le mentor de l’équipe, celui qui sans les critiques constructifs n’auraient pas permis une victoire aussi éclatante de SamSan tech. Mais il est aussi celui qui a permis à notre couple principal de se rencontrer et de grandir.

Il est question dans ce drama de suivre son rêve.

De ne jamais abandonner sans avoir essayer.

De ne pas voir peur de l’échec.

De croire….

….Et de naviguer sans carte….

My Fated Boy – 我的邻居长不大

Tu trouves que la vie est ennuyante?
Tu penses que ton/ta collègue de travail parle trop et devrait se laver plus souvent?
Tu soupires de déprime devant la morosité de l’actualité?

Besoin de vitamine C ?
D’oublier?
De rire?

Essaie la cure « My fated Boy« . Sourire, bonne humeur, amour avec un immense A en gras, peps garantie!

La télévision à peine éteinte, me voilà ici à écrire. Ce drama a été incroyable. Unique. En tout.
Je suis ravie car après « Love Scenery » et «  Hajimete Koi wo Shita Hi ni Yomu Hanashi « , je ne pensais pas tomber totalement amoureuse d’une autre romance. Pour une fois « jamais 2 sans 3 » ne sera pas dit vainement.

La bande-annonce lancée, une petite moue à la lèvre, je passe rapidement à autre chose. J’avoue.
Je suis coupable d’avoir jugé selon la couverture. Première pensée : mouais, pas ouf (oui, je sais, je ne devrais pas parler comme mes ados…). La carrure de Lu Zheng An était trop enfantine (oui oui, je sais, il a 24 ans, pour de vrai), le physique de Sierra Li pas trop de mon goût (oui, on ne juge pas sur le physique, promis, quoique…), bref, la mise en bouche n’était pas alléchante.

Inutile, je sais, mais cela clarifie les choses : Je suis une fanatique des histoires qui traitent des « childhood sweetheart » (des amis d’enfance où l’ambiguïté des relations peut laisser espérer…) et de « noona » (romance où la femme est plus âgée que l’homme). Je suis souvent en mode alerte dès que je vois passer un drama dans cette catégorie. Mais si des dramas impliquant des amis d’enfance ont été une totale réussite comme « Flourish in time » ou « all about secrets« , peu de drama de « noona  » ont trouvé grâce à mes yeux, si ce n’est bien sûr «  Hajimete Koi wo Shita Hi ni Yomu Hanashi « . Alors un drama avec ces deux thèmes qui me sont chers, il y a de quoi me faire pavoiser d’avance…

Si je devais donc élire le couple le plus adorable, le plus drôle, le plus fou, le plus « woaouh » de cette dernière décennie, je pense que Lin Yang et Lu Zheng An sont bien placés pour faire partie de mon top 10, voire mon top 5.

L’histoire? deux familles qui décident bien avant la naissance de leur progéniture de les marier si jamais ils ont des enfants de sexe différents. Voilà tout est dit. Et?? c’est tout? Oui, et c’est là le génie de la scénariste. Transformer une histoire classique (les mariages arrangés étaient monnaie courante il y a peu, voire encore de nos jours) en une pépite d’or, un diamant brut, une perle rare :

Tout d’abord et surtout l’atout principal de ce drama : le couple principal ! Mamamia ! Ce couple avec 7 ans de différence est une totale réussite! Je ne voudrais pas m’avancer (ma mémoire a tendance à être mauvaise ces derniers temps), mais je crois fermement que jai vu peu de couple avec une alchimie et une affinité dépassant allègrement les 100%.

Les petites scènes qui introduisent chaque épisode sont une idée de génie. J’avais l’habitude des petites scènes de fin qui donne une vision différente de l’ensemble de l’épisode, je pense notamment à « You who came from the star » ou encore plus récemment à « Mysterious Love« .
Ici, ce sont des scènes d’introduction sur l’enfance de Lin Yang et Lu Zheng An qui sont contées afin non pas de nous apporter un éclairage nouveau, mais plutôt pour nous faire comprendre ce lien extraordinaire qui les lie depuis leur naissance. Ces scènes d’enfance sont drôles et bouleversantes. J’ai dû retenir mes larmes à une des dernières scènes, celui du déménagement, tant j’ai trouvé leur adieux attendrissants. Chaque scène nous fait comprendre sans ambages leur lien si particulier, leurs actions une fois devenus adultes, la profonde relation qu’ils entretiennent aussi avec leur parents, et les parents entre eux. J’ai tellement adoré ces moments, j’ai dû m’exclamer presque à chaque fois « AH!!! c’est pour ça!! ». Ces petites scènes sont magnifiques et magistralement interprétés par les enfants :
Wang Yan Shuang (王彦霜) et Zhu Zi Nuo (朱姿诺) ont été formidable d’autant plus, que c’était ici leur premier rôle.

Nous comprenons avec ces flashback sur leur enfance que….Si ce couple possède une alchimie incroyable, une affinité défiant les obstacles, défiant les préjugés, c’est qu’ils se connaissent par coeur.
Presque.
Car ils doivent maintenant apprendre à se découvrir adulte.
Et cette découverte, que nous dévorons avec gourmandise, est faite d’éclat de rire et de sensualité surprenante.
Un couple formé dès leur plus jeune âge mais qui ne s’avouait pas encore. Voilà ce que sont Lin Yang et Lu Zheng An. Malgré les quelques disputes émaillant leur parcours (quoi de plus sain et normal me diras-tu) main dans la main, ils se tiendront sous les feux de projecteurs non sans angoisse mais décidé à y faire front à deux. Je ne le dirai jamais assez, mais c’est tellement agréable un couple solide et unie, défiant le monde sans se lâcher la main. « Je pensais qu’aimer était de se tenir devant elle et être son bouclier contre le monde. Mais je viens de comprendre qu’aimer c’était avant tout, se tenir à ses côtés, main dans la main et marcher avec elle ». Les paroles d’An An sont profondes, son amour pour celle qu’il n’a jamais voulu appeler « grande soeur » est sublime. An An fait preuve d’une maturité incroyable pour son âge. La remarque de Cao Ling résume bien la maturité de Zheng An  » On dirait que tu es le grand frère et elle, la petite soeur ». Cela ne te rappelle pas Yuri Kyohei (Hajimete Koi wo Shita Hi ni Yomu Hanashi) ? Un peu beaucoup ^-^
Si jeune et pourtant si réfléchi et si sûr dans ses sentiments. Ses réparties sont intelligentes et matures. Son attitude « adulte » contraste joyeusement avec celle, plus enfantine de Lin Yang. C’était hilarant de les voir s’affronter (« flirter » dirait même laconiquement directeur Ma), de voir Lin Yang en perdre ses mots. Chacune des phrases de An An étaient pleines de respect et de don de soi. Inspirant.
citation 1An An à Ma Le : « Je la laisserais prendre soin de sa beauté, je prendrais soin de sa santé »
citation 2 – Lin Yang :  » Tu as tout, alors tu ne peux pas me comprendre » / An An :  » Puisque tu m’as moi, tu as donc tout toi aussi » ( l’expression de Lin Yang à ce moment là hahaha épique).


Leur couple fonctionne à merveille grâce à cette complicité unique. La compréhension qu’ils avaient l’un de l’autre est sans comparaison. Je craignais que cette parfaite connaissance de l’un et de l’autre allait finir par nuire au drama, rendre le tout indigeste. Cela devint un atout en leur permettant d’interagir avec naturel et avec une complicité éclatante de sincérité. Bien que connaissant le moindre petit détail l’un sur l’autre (la scène de la cicatrice témoigne de ce paradoxe entre tout savoir et ne l’avoir jamais expérimenté, une petite scène adorable par ailleurs), Lin Yang et An An n’ont jamais perdu de vue que ce qui compte, c’est l’autre. Et cela implique le respect de son partenaire, la tolérance. A chaque altercation, voir An An lever le drapeau blanc était un peu perturbant. J’avais plutôt l’habitude de personnages s’en tenant à leur opinion et le défendant bec et ongle. Zheng An est à l’opposé de cela. Il s’incline devant ce qu’elle souhaite, ne voulant ni entrer dans un conflit épuisant, ni et surtout lui causer de la peine. Cela ne l’empêche pas d’en souffrir et de pestiférer dans son coin, mais par amour, par respect et aussi parfois par fierté, il attendra.
Qu’elle sourit à nouveau. Qu’elle lui pardonne. Qu’elle ne soit plus fâchée.
Nous pourrions croire que cela rend An An soumis, inintéressant, loin de là. Sa façon de l’aimer se résume ainsi « ce que Lin Yang veut, Lin Yang a ». Il ne s’en cachera d’ailleurs pas, Lin Yang est sa priorité, elle est son univers, son rêve.
An An, une âme d’enfant dans le corps d’un homme. Zheng An a ce sourire mêlé d’innocence et de sensualité masculine, il est à la frontière de l’enfant et de l’homme.
An An ne cessera de poursuivre Lin Yang assidûment. Je suis la première à fuir ce genre de personnage. Il n’y a rien de plus usant qu’une personne qui s’entête et refuse de se faire rejeter. C’est lourd et pathétique. An An sait ce qu’il veut et il le fait clairement comprendre au monde entier, incluant Lin Yang.
Loin d’être un « relou » (mot universel que j’use sans modération sous les yeux faussement choqués de mes ados), il est au contraire adorable. Tout en respectant Lin Yang et en lui laissant l’espace nécessaire, il n’abandonne jamais, et sa persistance finit par payer.
Et le spectateur que nous sommes applaudit à tout rompre.
Il faut noter que sa façon de flirter avec elle est un délicieux mélange d’innocence et de sensualité. Face à lui Lin Yang a peu de chance de ne pas craquer…

Lin Yang… Ce n’était pas gagné. Première pensée (très péjorative, je l’admet) : « Heu, elle est pas super jolie (oui, je sais c’est subjective) et elle est hyper maigre et super palôtte ! « .
Cela a duré le temps d’un demi-épisode… je suis parfois de mauvaise foi, et mis à part Suzy ou Shi Min Ha, j’ai rarement des coups de coeur pour les actrices (j’en ai par contre toutes les micros-minutes pour les acteurs ^-^).
C’est donc avec surprise que je découvre, épisode après épisode le don de cette actrice. Sierra Li a un immense talent et nous le démontre ici. Ses expressions sont tellement naturelles et spontanées que je me suis retrouvée à plusieurs reprise à rire et à me dire « oh, punaise elle est trop mimi ! ». Toutes ces fois, où elle fusille de ces regards qui mélangent incrédulité et gêne envers un An An taquin flirtant éhontément sont adorables et drôles. Le jeu de Sierra Li est subtil, savamment dosé : la moindre expression que cela soit amoureuse ou embarrassée est parfaitement interprétée.
31 ans et pourtant encore une petite fille au regard malicieux. Lin Yang est une femme devenue une adulte gardant enfouie en elle ses rêves de petite fille, n’osant pas les exprimer haut et fort. La société actuelle ne le permettant pas. Travailler étant ici, exprimé à travers sa voix, pour subvenir à des besoins primaires.
C’est ainsi qu’ An An apporte ce contraste, ce souffle dont elle a besoin afin de se libérer de ce carcan. An An a choisi de faire ce qu’il aimait. D’être lui même peu importe qu’il ait du succès ou pas. Son jeune âge y joue surement pour beaucoup dans l’insouciance que ce personnage véhicule. Et pourtant, An An possède ce mélange explosif de la fougue de la jeunesse et cette maturité qu’apporte l’âge et le vécu.
Leur couple est donc faite d’une merveilleuse complicité où chacun respecte la place de l’autre. Les taquineries et les escarmouches faites de rire parsèment gaiement leur relation, rendant le tout léger et rafraichissant. Un couple solide où quiproquo et malentendu en sont exclus. Pas de dispute stérile, pas de séparation larmoyante. Un couple où l’harmonie est reine. Un régal.

Des femmes fortes, des femmes prenant leur vie en main. Apportant leur lot de douleur et d’angoisse. Mais aussi des confidences et des rires.
Femme forte ne signifie pas toujours femme heureuse. Femme faible ne rime pas forcément avec femme malheureuse. C’est ainsi que j’ai perçu, à tort ou à raison, le sens existentielle de ces femmes.
Et ce drama regorge de femme, de femme imparfaite, de femme esseulée, de femme confrontée à leur démon, de femme qui à mes yeux ont été superbes et magnifiques dans leur façon d’appréhender la vie. D’embrasser leur choix. D’assumer leur moi.
C’est étrange, mais au-delà de cet amour unique qui lie An An et Lin Yang, il y a aussi cette ode aux femmes que j’ai fortement ressenti.

Nous retrouvons avec Lin Yang l’éternelle célibataire mettant sa carrière professionnelle au premier plan. Le choix de Lin Yang résulte plus de ses échecs amoureux que d’une envie réelle de ne pas se marier. Nous voyons à travers son regard l’interrogation que nous pourrions nous poser sur le sens d’une vie. Ses réflexions sur cet état de fait sont pertinentes et peuvent sensiblement trouver un écho chez nous. Ses pensées sur « métro, boulot, dodo » sont une réalité pour beaucoup d’entre nous : « Il n’y a pas de passion, aucune attente et rien d’amusant. Je suis comme un robot. Chaque jour, je ne fais que me brosser les dents, me laver, manger et dormir. C’est comme si ces actions étaient programmées par un ordinateur… ». C’est ainsi que Lin Yang nous apprend qu’elle a baissé les bras, que se laisser porter par les flots étaient suffisants. Elle s’en contente et en tire une certaine force, une certaine gloire. N’est-ce pas aussi pour beaucoup d’entre nous, ce que nous affrontons chaque jour? Loin d’être une femme qui s’y complaît, elle choisi de continuer à avancer, et de ne pas s’en apitoyer. C’est pourquoi les paroles d’An An vont la tirer de cette torpeur qu’elle s’est volontairement choisi. Ici le dialogue entre Cao Ling et An An :
– Elle est tellement indépendante et exprime ses propres idées. Il y a tellement de choses, que nous même ne pouvons changer. Donc c’est encore plus difficile pour toi, le petit frère, de prendre soin d’elle. (Cao Ling)
– Tellement indépendante et exprimant ses propres idées? Pensez-vous que cela soit une force? (regard surpris de Cao Ling). On peut effectivement le voir comme cela. Elle est aussi mature et compréhensive. Mais je pense que ce genre de force n’est pas vraiment une bonne chose. C’est trop dur. Je ne veux pas que les autres la félicitent pour cela. Car plus nous la félicitons, plus elle s’appuie dessus en pensant qu’il n’y a rien de grave. Elle pense qu’elle peut tout assumer. Souffrir n’est rien selon elle (…) je ne veux pas qu’elle vive une vie difficile. Donc plutôt qu’une femme forte moderne, je préfère la voir comme une petite fille qui ne grandira jamais. Qui peut pleurer. Faire des histoires si elle est mécontente. Montrer ses faiblesses. Puérile et têtue. comme lorsqu’elle était petite (…) ».
(An An).
Ce dialogue nous démontre que cette force que possède Lin Yang est aussi sa faiblesse. Pour l’avoir vécue moi même, cette façade rassurante que l’on montre en souriant à ses proches alors que l’on pleure intérieurement, est souvent difficile à percer à jour.

Vient ensuite Cao Ling. Mère célibataire. Son histoire est attendrissante.
Bien que durement touchée et s’enroulant dans une armure afin de se protéger émotionnellement, l’image que nous donne la scénariste est une femme sage, aux épaules solides et rassurantes. Bien que meurtrie, elle ne cédera jamais à la facilité sur la critique de l’homme. Bien que n’approuvant pas la relation de nos deux tourtereaux (la différence d’âge est selon elle un handicap), suite à son propre vécu, elle cherchera tout de même à pousser son amie vers An An, s’apercevant rapidement que sa propre histoire n’est pas l’histoire des autres. C’est un personnage que j’ai adoré (je les ai tous adoré…), sa droiture et sa loyauté sans faille couplées à l’image de la mère protégeant son enfant, ne cherchant jamais à se donner une image de ce qu’elle n’est pas lui donnait toute légitimité à sermonner son amie. Il est inutile de le dire, mais j’ai trouvé l’actrice Zhao Yuan Yan
(赵圆圆) superbe dans ce rôle. Elle n’a eu jusqu’à présent que des rôles secondaires dans les dramas et films, elle mériterait sincèrement plus.

Yao Dan. La troisième des 3 copines. Et nullement la moindre. Si je devais être honnête, aucune n’avait de prévalence sur les deux autres. L’équilibre de leur amitié était extraordinaire.
L’histoire de Yan Dan semble survolée. Nous apprenons que ce personnage est marié (mari que nous ne verrons jamais, mettant ainsi l’accent sur Yao Dan et son tourment ), heureuse dans son couple mais dont la question d’avoir ou non un enfant turlupine Yao Dan, sans remettre en cause son couple, ce qui est assez étonnant. Très vite, ce problème sera résolu, avec une finalité qui peut ou non satisfaire le public (tout dépend de son opinion sur la question), évitant ainsi l’écueil d’un personnage prenant un peu trop d’ampleur de par son problème personnel. Je n’ai pas trouvé cela gênant, car Yao Dan prouve que sa réflexion est somme toute personnelle, que son couple est une affaire entre elle et son mari.
Yao Dan a été un de mes personnages favoris. Apportant un dynamisme et un humour à toute épreuve, elle est la copine qui aime faire la fête. De par sa sagacité et son soutien envers An An, elle est l’amie qui comprend rapidement, poussant en ce sens avec drôlerie la relation de Zheng An et Lin Yang. Elle est aussi le personnage qui m’a fait pleurer presque comme une fontaine.
La scène où elle découvre l’enfant de Cao Ling….a été incroyable. Je m’attendais bien sur à une émouvante image, un peu comme des retrouvailles.
Mais jamais à cela.
Son regard débordant d’amour. Son expression profonde, sincère a eu raison de ma carapace (après « One and Only » j’avais pourtant monté de niveau ma défense de +20!), punaise sa réaction était tellement inattendue…
Pleurer de bonheur est parfois pire que de tristesse. On ne s’en rend pas compte de suite, et de sentir les larmes se frayer un chemin sur le bout des lèvres est assez déstabilisant quand le coeur sourit à en mourir. Une scène simple mais grandiose.
L’actrice Lu Xiao Lin (吕晓霖), aussi superbe que Zhao Yan Yan, a magistralement interprété son personnage, la rendant irrésistible de drôlerie et de sincérité, de pureté dans sa vision de l’amitié !

Je n’ai jamais jusqu’à présent eu de coup de coeur pour une bande de copine. Des bromances, oui définitivement, comme le plus génial des duo, « Chief Kim« .
Mais des copines? Never.
Avec « My fated Boy« , c’est fait. Le trio de copine le plus drôle et le plus soudé que j’ai pu voir.
(Petit hommage à mes 2 copines d’ailleurs. Mes copines qui ont fait presque 40 ans pour l’une et 30 ans pour l’autre, à mes côtés, dans mes délires et mes rêveries, ce trio de choc m’a fortement rappelé le notre, et vous?).
Des rires, beaucoup.
Des questions existentielles au milieu de bière et de chips.
Un soutien incomparable. Un lien à chérir à chaque instant.
Je tire mon chapeau à la scénariste.

Ce trio de charme n’est pas le seul à être parfait. Les deux soeurs Li Tian et Li Miao Miao sortent elles aussi des sentiers battus. Les premiers épisodes promettaient une rivale enfantine, une enfant gâtée, obtus d’esprit et n’hésitant pas à user de moult subterfuges sournois afin d’obtenir les faveurs de l’être aimé. Mais aussi. Une soeur aînée prête à se débarrasser d’une « rivale » trop proche de son époux, crainte somme toute humaine, par le biais de ladite petite soeur.
A mon grand étonnement (et ce drama en regorge), rien, absolument, de tout cela. Li Tian, camarade de classe de An An et éperdument amoureuse de ce dernier, a bien commencé avec quelques attaques classiques mais la « chute » de son échec et surtout l’après-échec m’ont prise au dépourvu. J’en suis venue peu à peu à aimer ce personnage qui, manquant de maturité au départ, progresse rapidement et en devient une jeune fille prête à prendre sa vie en main et à avancer la tête haute (ne serait-ce que son changement de poste au travail et son désir de ne pas perdre la face étaient à mon sens remarquable, peu de son âge aurait pu le faire, et tout cela avec le sourire, certes forcé, mais tout de même..).
Son chagrin d’amour, une fois n’est pas coutume, m’a réellement touchée. Sa peine brise le coeur et on en vient à lui souhaiter de se relever et d’être sincèrement heureuse. Elle le mérite amplement.
Son évolution se fait notamment grâce à sa soeur, Li Miao Miao. Si j’ai été surprise de l’évolution de Li Tian, Li Miao Miao m’a encore plus déstabilisée. Je m’attendais à un personnage baignant dans l’aisance, prête à défendre bec et ongle son morceau de viande. Elle fut tout le contraire. Son soutien et la compassion envers Li Tian étaient inspirants. Ses conseils avisés côtoyaient des propos de grande sagesse. Pas une seule fois, elle ne poussera sa soeur vers une voie dangereuse préférant prendre le parti de lui faire comprendre l’absurdité de son obsession. Ce qui m’a le plus épatée, c’est aussi son sens de l’intégrité. Lors de sa discussion avec LinYang, non seulement, Miao Miao reconnait ses angoisses le plus simplement du monde, son analyse et la conclusion de sa réflexion qu’elle fait partager sans aucune honte à Lin Yang sont d’une intelligence aiguisée. Il est souvent difficile de faire amende honorable pour une chose que l’on a faite, il est encore plus difficile de le faire pour une pensée que l’on a eu et qui n’avait nulle besoin d’être au final dite.
Tian Xi Wei (田曦薇), l’actrice jouant Li Tian, est une jeune actrice qui a débuté en 2018 et elle a joué notamment dans le magnifique (et l’un de mes plus gros coup de coeur de 2020) « Lovely Us« , interprétant la pétillante et adorable Shen Zi ( je sais maintenant dire orange en chinois haha!).

Il reste à parler des deux mamans. Comme souvent dans les dramas, elles ont ici la place centrale de la famille. Viennent d’elles, les actions, les décisions, celles à convaincre.
Il était drôle de voir ces mères et meilleures copines du monde gérer l’éducation de leur marmaille à « coup de bâton » (du moins essayer). J’en ris encore à l’image de la scène où Lin Yang fuit en fanfare après avoir été prise la main dans le sac pour une de ses nombreuses bêtises, sa mère hurlant après l’enfant et le père courant après sa femme et criant « Lin Yang! Va à la rivière, ta mère ne sait pas nager! ».
L’amitié entre les deux mamans était émouvante : lorsque Chen Jie débarque à l’hôpital tout feu tout flamme, sa tirade et sa colère m’ont bien fait monter la larme à l’oeil. Un lien, qui à l’image de celui de leurs enfants, résiste à l’usure du temps.

Si les femmes sont à l’honneur dans ce drama, les hommes n’en brillent pas moins par leur charisme. Et c’est aussi ce qui fait la force de « My Fated Boy« . Des personnages hauts en couleurs, pourfendant les clichés avec brio et dépoussiérant avec maestro ce qui a déjà été vu et revu.

Directeur Ma Le. Première pensée lors du premier épisode : une coupe de cheveux bizarre, a l’air un peu bête. Hum… l’idiot de service…
Alors oui, il est l’idiot de service. Mais quel idiot de service! les mots de la mère de Cao Lin lui correspondent parfaitement : « cela me va s’il est un peu stupide. Plus ils sont stupides, plus ils sont gentils ». Se faisant manipuler de A à Z par An An (nous apportant par là-même des scènes hilarantes), Ma Le n’en apporte pas moins un soutien inconditionnel à son poulain (bien qu’il ait peur de Lin Yang haha) jusqu’à remettre en jeu sa propre carrière professionnelle. Dévoué et d’un coeur sincère, il est impossible de ne pas l’aimer. D’ailleurs, Zhou Xiao Chuan (周小川) est tout sauf un bellâtre fade, l’acteur est G*D* SEXY….Alors bravo pour m’avoir fait croire que Ma Le était un type loufoque et niais à la vestimentaire rétro. Zhou Xiao Chuan a l’art de jouer les personnages géniaux nous faisant mourir de rire comme dans « Douluo Continent » où il campait le grand père de Rong Rong.

Hua Ye Ting a apporté aussi son petit lot de surprise. PDG de l’entreprise où travaille Lin Yang, il est aussi l’époux de Miao Miao. Je ne m’attendais pas à tant de sagesse de sa part, de bon sens. La bienveillance et la bonté transpirait à chacune de ses paroles, de son attitude. Peu présent, certes, mais irradiant le peu de fois où il interagit avec Lin Yang ou les deux soeurs Lin.
Quant à Xie Nan Ke, loin d’être le rival attendu, il affiche ici l’image de l’amoureux délaissé qui tergiverse une fois de trop. C’est donc avec le reflet de ses actions, passé et présent, que Lin Yang prend conscience petit à petit qu’elle ne devrait pas elle aussi laisser les doutes et hésitations prendre le pas et l’y noyer.

Il y a comme bien souvent un couple secondaire, qui ne prend pas beaucoup de place et s’y faufile adroitement. Afin de ne pas trop en dévoiler, je dirais simplement que c’est un joli couple, pour lequel j’ai adoré voir interagir à l’écran.

A travers les flashbacks en début d’épisode et leur apparition en fin de drama, nous avons un aperçu des liens étroits qui lient les deux familles. Bien qu’il allait de soi que les deux familles ouvrent le champagne à l’annonce de la relation de An An et Lin Yang, j’en suis restée coi suite à leur réaction. J’ai surtout adoré les réactions des deux mères, la tirade de Chen Jie  » par ce que nous n’osions pas regarder dans cette direction (…) Yang Yang, si j’avais su que cette personne était toi, « tatie » se serait tellement moins inquiétée. Promettez moi de vous vous accrocher l’un à l’autre bien fort…comme lorsque vous étiez enfant. (…) Souvenez-vous qu’il n’y a rien qui ne puisse être résolu si vous vous aimez. Et si malgré tout, cela ne peut être résolu….vous avez nous. » Une scène magnifique, l’amour d’une mère pour ses deux « enfants », son soutien inconditionnel…des mots simples qui vont droit au coeur. Les larmes de Lin Yang face à ses deux mamans à ce moment-là ont été le reflet des miennes. Punaise, je vous remets à nouveau quelques extraits de leur dialogue (puisque je dois m’émouvoir en écrivant, autant le faire pour une bonne raison!)
Est-tu sûre que c’est bien mon fils, Lu Zheng An? Quelles bonnes actions ai-je donc faite dans ma vie passée?(Chen Jie)
– Je n’ai pas osé vous dire la vérité, je suis tellement plus âgée que lui. (Lin Yang)
– C’est par ce que An An est tellement plus jeune que toi, plus immature et moins expérimenté, que je n’ai même pas osé regardé vers toi. A l’avenir, « tatie » et « tonton », nous serons votre soutien (je trouve personnellement que la phrase en anglais est plus explicite et plus fort
:« we will be your back up strenght »). (Chen Jie)

Ce drama a été et restera un de mes coups de coeurs les plus forts de cette décennie. L’humour omniprésent côtoie avec délice une romance pétillante et une amitié formidable. J’entend d’ici les « oui, mais dans la réalité, ce n’est pas tout à fait comme cela… », je dirai, qui n’en a cure?
Souvent épuisée par la vie quotidienne et croulant sous les nombreuses taches que je m’impute pourtant par choix, j’ai besoin de voir plus souvent un monde fait d’amour, de respect, de rire et d’espièglerie.
Je considère cela comme un vaccin anti-déprime pour l’hiver à venir. A renouveler sans modération. Et puis, ce n’est pas tout à fait, sans parler de moi, je connais des groupes d’ami(e)s aussi soudé, des couples aussi drôles et complices, des parents aussi fantastiques. N’est pas cela qui importe? Qu’il en existe.